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Législatives en Bulgarie : conservateurs en tête, mais impasse en vue

Des protestants manifestent avec des torches devant le... (PHOTO PIERRE MARSAUT, REUTERS)

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Des protestants manifestent avec des torches devant le Palais national de la Culture, où les partis politiques des élections tiendrons des conférences de presse à Sofia.

PHOTO PIERRE MARSAUT, REUTERS

Isabelle Le Page
Agence France-Presse
Sofia

Le parti conservateur bulgare GERB de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov, renversé cet hiver sous la pression de la rue, a remporté dimanche soir l'élection législative anticipée, mais sans majorité.

Il recueillerait entre 29,6 et 32% des suffrages, son principal rival, le Parti socialiste (PSB, ex-communiste) entre 25,6 et 26,2%, selon des estimations de plusieurs instituts, basées sur des sondages à la sortie des bureaux de vote.

L'institut autrichien SORA, mandaté par l'opposition pour effectuer un comptage parallèle des voix, a crédité GERB de 30,1% des suffrages, le PSB de 26,1%.

Ce score, s'il est confirmé, ne donne toutefois pas de majorité parlementaire aux conservateurs et la formation d'un gouvernement pour GERB s'annonce très périlleuse.

La commission électorale annoncera des résultats partiels seulement lundi en fin de matinée.

Les deux autres partis ayant franchi la barre des 4% nécessaire pour entrer au Parlement, qui comporte 240 sièges, sont le Mouvement pour les droits et libertés (MDL, minorité musulmane turque), crédité de 9,9% à 13,4% des voix, et le parti nationaliste et xénophobe Ataka (entre 7 et 8,5%).

Ataka a soutenu un temps Boïko Borissov après la formation d'un gouvernement minoritaire en 2009, mais son dirigeant, Volen Siderov, a clairement exclu cette option dimanche, accusant le GERB «d'avoir menti».

«La Bulgarie a besoin de stabilité et si les partis sont responsables, ils devraient soutenir un cabinet minoritaire», a estimé l'ancien ministre de l'Intérieur Tsvetan Tsvetanov.

Boïko Borissov ne s'est pas encore exprimé.

«Nous ne saurons que demain avec certitude» qui «sera le 5e parti ou s'il y en aura un. Les principaux partis d'opposition -- PSB et MDL -- pourraient aussi avoir ensemble soit moins de 120 sièges ou plus et cela change tout», a souligné Andrey Raytchev, de l'institut Gallup.

Serguei Stanichev, le leader du parti socialiste, a appelé à des «consultations rapides» entre les partis représentés au parlement, hors GERB.

Les socialistes et le MDL avaient formé une coalition entre 2005 et 2009, quand il était chef du gouvernement.

Le MDL semblait ouvert à cette idée. Son dirigeant Unal Lutfi a déclaré vouloir faciliter «le processus de formation d'un gouvernement», sans le parti de Boïko Borissov.

Après les manifestations massives d'il y a trois mois, les Bulgares ont voté dimanche sans se faire trop d'illusions : la campagne électorale, loin de répondre à leurs attentes, a viré au règlement de comptes entre socialistes et conservateurs autour d'un scandale d'écoutes téléphoniques illégales.

Comme prévu, ils ont quelque peu boudé les urnes : un peu plus de 50% des 6,9 millions d'électeurs ont voté, selon les instituts de sondages, contre 60,2% il y a quatre ans.

Si aucun gouvernement n'est formé après le scrutin, le cabinet intérimaire dirigé par le diplomate Marin Raykov restera aux affaires jusqu'à l'éventuelle organisation de nouvelles élections à l'automne.

Une telle impasse ne ferait qu'aggraver la situation économique du pays, le plus pauvre de l'Union européenne, où la croissance n'a atteint que 0,8% l'an passé et où près d'une personne sur cinq est sans emploi, selon des chiffres officieux.

Certains politologues n'excluent pas une reprise de la crise sociale de l'hiver dernier. Des dizaines de milliers de Bulgares étaient alors descendus dans les rues des grandes villes pour protester contre l'explosion de leur facture d'électricité. Sept personnes, dont six sont décédées, s'étaient immolées par le feu.

Le mouvement spontané s'était transformé, sous l'influence de multiples groupes de la société civile, en une vaste mobilisation contre la misère chronique, le chômage et la corruption qui ronge la classe politique et les institutions du pays.

«Ce vote est sur la voie de reproduire le précédent parlement de l'oligarchie et de la mafia que nous avons chassé. Cette fois nous aurons des barricades, pas des protestations!», a prévenu l'un des organisateurs des manifestations, Angel Slavchev.

Une centaine de manifestants, dont certains ont jeté des pierres et des bouteilles, se sont réunis dimanche soir devant le Palais de la culture à Sofia, où se trouvait le centre de presse et où les principaux responsables politiques se sont exprimés. Ils ont scandé «mafia!» et «ordures!» ou encore «tous dehors». Quelques accrochages ont eu lieu avec la police.

La révélation samedi d'une vaste fraude présumée avait attisé les tensions. Le Parquet de Sofia avait annoncé la saisie de 350.000 bulletins de vote suspects dans une imprimerie.

Les socialistes ont accusé le GERB de vouloir «totalement falsifier les élections». Les conservateurs ont démenti, criant au complot politique.

Des affaires d'achats de vote, pratique répandue en Bulgarie et qui séduit les plus démunis, notamment au sein de la minorité rom, ont aussi terni ces élections.




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