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Allemagne: un vieillard soupçonné d'avoir été gardien à Auschwitz

L'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau... (Photo AP)

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L'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau

Photo AP

Eloi ROUYER
Agence France-Presse
Berlin

Un nonagénaire accusé de complicité de meurtres lorsqu'il était gardien au camp de concentration d'Auschwitz de 1941 à 1945 a été arrêté dans le sud-ouest de Allemagne, a annoncé lundi le parquet de Stuttgart.

«Les forces de la police criminelle du Bade-Würtemberg, sur mandat du parquet de Stuttgart, ont interpellé à son domicile un ancien employé, âgé de 93 ans, du camp de concentration d'Auschwitz qui faisait partie du service des gardiens, de l'automne 1941 à sa fermeture, en 1945, et est soupçonné de complicité de meurtres», écrit le ministère public dans un communiqué.

«Après la perquisition dans son appartement, il a été présenté à un juge» et «placé en détention provisoire», ajoute le texte qui précise qu'«une inculpation est en cours de préparation».

Un médecin l'a examiné lundi et, en dépit de son âge avancé, l'a jugé capable de supporter un emprisonnement, a précisé à l'AFP une porte-parole du Parquet.

Aucune information n'a été donnée sur son identité, mais, selon les médias allemands, il s'agirait de Hans Lipschis. Né en Lituanie, il habite à Aalen, dans le sud-ouest de l'Allemagne.

«Il a travaillé dans le service des gardiens, même s'il n'était pas gardien à temps plein», a expliqué la porte-parole du parquet.

«Nous allons chercher à établir ce qu'il a fait concrètement et pendant combien de temps, à Auschwitz», a-t-elle affirmé, ajoutant que les enquêteurs partaient du principe qu'il avait «par ses actes, apporté son aide aux criminels».

La condamnation en Allemagne en mai 2011 de John Demjanjuk, apatride d'origine ukrainienne, à cinq ans de prison pour participation à des meurtres de Juifs lorsqu'il avait été gardien dans un camp de concentration, a donné le coup d'envoi à des mises en accusation fondées sur des éléments uniquement circonstanciels, sans preuves d'acte criminel. Le tribunal avait conclu qu'il avait bien été gardien, et qu'il était donc complice des meurtres commis pendant qu'il était dans le camp, bien qu'il n'y ait ni documents ni témoins.

Le «chasseur de nazis» français Serge Klarsfeld, vice-président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, s'est dit partagé entre sa «conception de la justice et la nécessité de poursuivre les criminels de guerre jusqu'à leur dernier souffle». «Il faut des preuves et des documents pour les incriminer et j'estime qu'il n'y aura sans doute plus de témoins pour les accuser», a-t-il commenté.

Il a rappelé que des gardiens d'Auschwitz avaient été acquittés après la guerre.  «La justice allemande, a-t-il ajouté, aurait pu juger après la guerre des cadres supérieurs des camps d'extermination, mais elle ne l'a pas fait.»

Dans son rapport 2013, le Centre Simon Wiesenthal, qui traque les derniers anciens nazis encore en vie, plaçait Hans Lipschis en quatrième position sur sa liste des criminels les plus recherchés. Le Centre affirme que Lipschis a servi dans un bataillon de SS de 1941 à 1945, et qu'il «a pris part à des massacres et à la persécution de civils innocents, principalement des Juifs».

D'après une récente enquête de la chaîne de radio-télévision publique régionale SWR, Hans Lipschis prétend avoir travaillé comme cuisinier, et non comme gardien, dans ce camp mis en place par les nazis en Pologne occupée.

Selon le journal Die Welt, il avait été naturalisé par le régime nazi puis s'était installé aux États-Unis en 1956 et avait vécu à Chicago jusqu'à son expulsion vers l'Allemagne, en 1983.

L'office de Ludwigsbourg, qui gère les dossiers du nazisme, avait indiqué début avril vouloir entamer une procédure contre 50 anciens gardiens d'Auschwitz-Birkenau vivant dans toute l'Allemagne et âgés d'environ 90 ans.

De 1940 à 1945, environ 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants, en majorité des Juifs de divers pays d'Europe occupés par les Allemands, périrent à Auschwitz-Birkenau, le plus grand camp nazi de concentration et d'extermination.

Près de 85 000 Polonais non juifs, 20 000 Tziganes, 15 000 Soviétiques et 12  000 autres personnes y ont également trouvé la mort.




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