Rien n'est sûr, mais le chef du gouvernement démissionnaire Mario Monti pourrait mettre fin au suspense et dire dès dimanche s'il sera candidat aux législatives de février en Italie et sous quelle forme.

AGENCE FRANCE-PRESSE

À quelques heures de la conférence de presse de fin d'année de ce technocrate qui a dirigé l'Italie pendant 13 mois, prévue en fin de matinée, l'incertitude restait totale sur ses intentions.

L'ex-commissaire européen «est encore en train de réfléchir», a expliqué samedi soir le ministre Andrea Riccardi, représentant de l'aire catholique qui pousse M. Monti à «descendre» dans l'arène politique à la tête d'un «nouveau centre».

Selon la chroniqueuse politique Lina Palmerini du Sole 24 Ore, M. Monti ne fera pas de grande annonce dimanche, préférant procéder par étapes. «Il présentera son manifeste politique avec lequel il lancera un appel aux Italiens et aux forces politiques», selon la spécialiste. C'est seulement «après, sur la base des adhésions recueillies et de l'indice de confiance dans les sondages, qu'il se décidera sur le plan politique», a-t-elle ajouté.

M. Monti, qui a piloté l'Italie en pleine tempête sur la zone euro, fait l'objet de fortes pressions des partenaires européens de Rome, mais aussi en interne des centristes, des milieux d'affaires et de l'Église catholique pour se lancer dans la bataille des législatives, fixées aux 24 et 25 février.

Mais plusieurs raisons incitent M. Monti à la prudence. Être candidat le placerait en rival direct du Parti démocrate et de son chef Pier Luigi Bersani, candidat de la gauche aux législatives et considéré comme le favori.

Autre danger: comme ils n'ont pas réussi à s'entendre, un Monti candidat devrait affronter aussi son redoutable prédécesseur Silvio Berlusconi, lancé à corps perdu depuis début décembre dans sa sixième campagne en 18 ans. Le Cavaliere de 76 ans a déjà impulsé un ton très antiimpôts et antieuro à ses multiples interventions sur des télévisions et radios.

Les sondages sont un autre élément qui fait pencher la balance dans le sens d'une non-candidature de M. Monti. Selon une étude de l'institut SWG effectuée cette semaine, le président du Conseil ne ferait gagner que 6 points à la mouvance centriste qui avec 15,4% pourrait être surclassée par le PDL de Berlusconi et ne pèserait du coup pas très lourd dans la formation du prochain gouvernement.

M. Monti pourrait par conséquent préférer une position de neutralité, en «réserve de la République», comme premier ministre de secours s'il n'y avait pas de majorité claire au parlement en février, ou pour prendre la suite du président Napolitano, 87 ans dont le mandat s'achève à la mi-mai. Autre option: le poste qui sera bientôt libéré par Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe, du sur mesure pour l'ex-professeur d'économie.