Des dizaines de milliers de Grecs sont descendus dans les rues, samedi, pour commémorer le 39e anniversaire d'une révolte étudiante meurtrière contre l'ancienne dictature du pays.

Publié le 17 nov. 2012
ASSOCIATED PRESS

Alors que plus de 6000 policiers avaient été déployés dans les rues de la capitale, les manifestants ont marché jusqu'à l'ambassade américaine depuis l'Université technique d'Athènes, où avait commencé la révolte étudiante de 1973. Un groupe d'étudiants portant un drapeau grec qui avait été ensanglanté à l'époque était à la tête du cortège.

Plusieurs Grecs tiennent les États-Unis responsables pour leur appui à la dictature qui a dirigé le pays de 1967 à 1974. Des manifestants ont brûlé un drapeau américain devant l'ambassade, un rituel annuel.

Les sympathisants du Parti communiste ont pris part à une manifestation séparée devant l'ambassade américaine.

Les communistes avaient annoncé leur intention de défiler devant l'ambassade israélienne pour protester contre les bombardements de la bande de Gaza. La police avait initialement bloqué la route à la demande d'un procureur, mais l'a rouvert après avoir discuté avec les manifestants.

Les deux marches ont attiré 22 000 personnes, selon la police. Aucune violence n'a été rapportée.

À Thessalonique, la deuxième ville de Grèce située au nord du pays, quelque 12 000 personnes ont manifesté, selon la police. Certains ont brûlé un drapeau européen, mécontents des demandes de coupes dans les dépenses grecques en échange d'une aide financière.

La révolte étudiante a commencé le 14 novembre 1973. Après des affrontements violents avec la police le 16, l'armée est intervenue et des chars ont pris d'assaut l'Université technique au matin du 17.

Des centaines de manifestants ont été arrêtés. La dictature a admis la mort «accidentelle» de 12 personnes et plus de mille blessés. Le nombre de morts est contesté, mais il est convenu que des dizaines de personnes sont mortes.

La révolte étudiante n'a pas réussi à faire tomber la dictature, mais un coup d'État orchestré par des militaires, partisans de la ligne dure, a renversé le dictateur George Papadopoulos le 25 novembre 1973.

Les militaires ont été contraints à transférer le contrôle de l'État à un gouvernement civil en juin 1974 après qu'une tentative pour unir la Chypre à la Grèce eut mené à l'invasion de l'île par la Turquie et à une quasi-guerre entre les deux pays.