Depuis un mois, la colère gronde. Les mineurs du nord de l'Espagne refusent de disparaître sans rien dire. Barricades, occupations, grève générale et lance-roquettes: la fronde s'exprime non sans violence dans les bassins miniers, menacés de fermeture.

Anabelle Nicoud LA PRESSE

Mines

Depuis la fin du mois de mai, la région des Asturies, au nord de l'Espagne, vit au rythme des contestations des mineurs. En pleine restructuration depuis 20 ans, les mines de charbon espagnoles ont progressivement fermé, mais une quarantaine sont encore en activité. Elles font vivre 8000 mineurs, et créent entre 20 000 et 30 000 emplois indirects, selon les syndicats. L'Espagne doit fermer les mines non rentables d'ici à 2018, mais le gouvernement, soucieux de réduire son déficit, a annoncé des compressions de 63% dans son aide au secteur cette année, ce qui le condamne à mourir plus vite.

Crise

Hier, les habitants de Langreo, ville minière de 40 000 habitants, n'ont pas caché au journaliste de l'AFP leur irritation devant ces compressions, au moment où le gouvernement espagnol vient en aide aux banques. «La crise a bon dos. C'est la bonne excuse pour prendre l'argent des travailleurs et le donner aux banques», dénonce Vicente Turrado, mineur en préretraite de 54 ans. «On ne peut pas donner 100 milliards aux banques et jeter des milliers de mineurs d'un coup à la rue alors qu'ils n'ont besoin que de 300 millions», renchérit Carlos Martinez, employé de banque de 47 ans.

Barricades

Les affrontements entre les mineurs grévistes et les policiers antiémeutes ont pris une tournure violente au cours des derniers jours. Des reportages photo des agences de presse Reuters et Associated Press montrent des grévistes utiliser des lance-roquettes, près de la mine de charbon El Soton. Les syndicats ont aussi appelé au blocage de routes.

Violence

Hier, plusieurs routes étaient coupées dans les Asturies. Les syndicats ont appelé à des rassemblements dans plusieurs autres régions minières du nord de l'Espagne. La Garde civile a renforcé ses effectifs. Vendredi, à Mieres, des heurts entre les manifestants et les forces de l'ordre ont fait sept blessés.

-Avec AFP, AP, Reuters