Le tribunal de Milan a décidé samedi de renvoyer au 18 juillet le procès Mills, dans lequel Silvio Berlusconi est accusé de corruption de témoin, faisant sauter quatre audiences prévues, ce qui augmente le risque de prescription.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le chef du gouvernement italien s'était déplacé pour cette audience, mais n'a fait aucune déclaration à la presse. Le Cavaliere, qui avait fait son grand retour devant le tribunal de Milan fin mars après huit ans d'absence, n'avait participé à aucune audience depuis le 16 mai.

Outre l'affaire Mills, M. Berlusconi est aussi jugé dans l'affaire Mediaset (fraude fiscale) pour surfacturation de droits de retransmission télévisée et surtout dans le scandale sexuel Rubygate.

Le tribunal a décidé de renvoyer le procès Mills au 18 juillet car les prochains témoins de l'accusation, qui résident en Suisse, ne peuvent pas être entendus avant cette date.

Le tribunal a en outre autorisé la défense à faire comparaître ses propres témoins seulement une fois que tous les témoins du procureur auront été entendus.

Cette position de la défense a été qualifiée par le procureur Fabio De Pasquale d'«abus de droit» destiné à gagner du temps.

La prescription des faits dans cette affaire interviendra en janvier prochain et l'annulation de quatre audiences augmente le risque de ne pas parvenir à un jugement en première instance, à moins que le tribunal ne décide d'accélérer la procédure après l'été.

Le tribunal a fixé samedi les premières audiences qui auront lieu après la pause estivale aux 19 septembre, 10, 24 et 31 octobre.

Dans le procès Mills, le Cavaliere est soupçonné d'avoir acheté pour 600 000 dollars le faux témoignage de son ancien avocat britannique David Mills dans deux procédures à son encontre dans les années 90.

À l'audience de samedi, l'accusation a interrogé Diego Attanasio, armateur napolitain et témoin clé de cette affaire.

M. Attanasio a assuré qu'il n'avait jamais confié ou offert 600.000 dollars à M. Mills, démentant la thèse des avocats de

M. Mills qui avaient affirmé pendant un précédent procès que cette somme avait été donnée au Britannique par l'armateur pour qu'il l'investisse.

Selon l'accusation, cette somme a été en revanche remise à M. Mills par Silvio Berlusconi pour acheter les faux témoignages de l'avocat.

La prochaine audience du procès Mills le 18 juillet coïncidera avec une autre du Rubygate où le Cavaliere est jugé pour recours à la prostitution de mineure et abus de fonctions.

M. Berlusconi fait également l'objet d'audiences préliminaires pour une quatrième affaire, Mediatrade (surfacturation présumée de droits de retransmission télévisée), à l'issue desquelles un juge devra décider s'il y a lieu ou non de le renvoyer en justice.

Silvio Berlusconi est aussi dans une situation délicate sur le plan politique : quinze jours après s'être vu infliger une gifle aux municipales en perdant son fief de Milan, il a subi un désaveu cinglant avec le non des Italiens en début de semaine à trois de ses lois, dont une portant sur son immunité judiciaire.