Le président français Nicolas Sarkozy a mis en garde mardi à Bruxelles contre la hausse du prix des matières premières, qui constitue «une des principales» menaces pesant sur la croissance mondiale, et a appelé à réguler le secteur.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Une des principales menaces qui pèse sur la croissance, c'est la hausse des prix des matières premières» alors qu'on «s'est donné beaucoup de mal pour retrouver une croissance mondiale», a affirmé M. Sarkozy lors d'une conférence sur la volatilité des prix des matières premières, organisée par la Commission européenne.

M. Sarkozy, qui préside cette année les G8 et G20, forums des principales puissances économiques, a fait de la lutte contre la hausse des prix des matières premières, énergétiques et agricoles notamment, l'un de ces chevaux de batailles.

«Les pays du G20 sont les premiers concernés par cette question et c'est donc eux qui doivent instaurer les conditions d'une croissance durable», a-t-il martelé.

Pour y parvenir, il faut, selon lui, appliquer au marché des matières premières «la même règle» que celle qui est appliquée aux marchés financiers, celle de la «régulation».

«C'est bien la régulation qui fut le principe que nous avons appliqué au système bancaire et aux produits financiers», a-t-il fait valoir, rappelant que c'est «la dérégulation qui avait conduit le monde au bord du gouffre».

«Un marché sans règle n'est plus un marché. Ce qui a conduit à la catastrophe pour les marchés financiers, peut conduire à la même catastrophe pour le marché des matières premières», a-t-il mis en garde.

Mais «régulation ne veut pas dire contrôle, ça ne veut pas dire fixer des prix arbitrairement», ce qui serait «absurde», a précisé le président français, eu égard aux grandes réticences de membres du G20, notamment des pays émergents, sur cette question.

Le Brésil et l'Argentine ont mis ces derniers mois la France en garde contre toute tentative de limiter les prix agricoles.

Autre mesure préconisée par le président français pour contenir les prix des matières premières: «la transparence» des marchés. «Il n'y a pas d'information sur les stocks» ni sur «ceux qui font les transactions», rendant le marché «opaque», donc sujet à toutes les spéculations, a-t-il déploré.