La Russie n'a pas de secrets militaires à cacher dans l'affaire de Viktor Bout, le trafiquant d'armes russe présumé qui vient d'être extradé de Thaïlande aux États-Unis, a déclaré jeudi le conseiller diplomatique du Kremlin, Sergueï Prikhodko.

Publié le 18 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous n'avons rien à cacher, nous n'avons pas de secrets militaires ou autres. Nous souhaitons que l'enquête soit menée à bien, il doit répondre aux questions de la justice américaine», a déclaré M. Prikhodko en marge d'un sommet à Bakou, cité par l'agence Ria Novosti.

Viktor Bout, 43 ans, a plaidé non coupable devant un tribunal de New York mercredi, au lendemain de son arrivée aux États-Unis après son extradition de Thaïlande. Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié mercredi d'«illégale» cette extradition menée tambour battant, et dénoncé des pressions de Washington.

Bout risque au maximum une peine d'emprisonnement à vie et au minimum une peine de 25 ans s'il est reconnu coupable.

Bout est accusé d'avoir utilisé une flotte d'avions cargos pour transporter des armes en Afrique, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Ayant utilisé au moins sept pseudonymes dans sa carrière, et parlant six langues, il est considéré par certains comme un ex-membre du renseignement militaire de Moscou.

«Nous avons toujours dit que les trafiquants de drogue, d'être humains et d'armes méritaient être indéniablement condamnés», a souligné M. Prikhodko.

Mais «en conformité avec la loi, la Russie offre et offrira une assistance à tout citoyen qui se trouvera dans une situation difficile à l'étranger, indépendamment de l'évaluation juridique de la situation», a-t-il dit.

«Cela ne veut pas dire qu'on les justifie a priori. Toute spéculation à ce sujet est déplacée», a-t-il poursuivi.

Le ministère russe des Affaires étrangères a une nouvelle fois souligné jeudi qu'il prendrait «toutes les mesures nécessaires» pour défendre M. Bout.

«Nos diplomates ont été chargés de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre les intérêts de Bout», a souligné Alexeï Sazonov, porte-parole du ministère.

«Viktor Bout a déjà fait état de pressions sur lui de la part des autorités américaines lorsqu'il était transporté de la Thaïlande aux États-Unis. Nous allons surveiller attentivement cet aspect et réagir de manière appropriée», a promis M. Sazonov.