La ministre françasie de la Santé, Roselyne Bachelo, voulait un «signal fort» à la veille de la Journée internationale contre l'homophobie, le 17 mai: son ministère a confirmé samedi la saisine de la Haute autorité de la Santé (HAS) en vue de retirer la transsexualité de la classification des maladies mentales.

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L'examen du dossier par la HAS devrait déboucher, à terme, sur un décret officialisant la déclassification de la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée (ALD23). Au ministère, on précisait qu'il s'agit désormais de créer une nouvelle catégorie «dédiée», car la transsexualité «restera médicalisée», la mesure ne signifiant pas qu'il y aura abandon de la prise en charge des soins médicaux nécessaires, précisait-on. Le ministère évoque un «signal fort» et un «premier pas franchi», rappelant que Roselyne Bachelot s'était déjà «clairement positionnée là-dessus».

Le milieu associatif a salué cette mesure, révélée par «Libération», et a souhaité que désormais l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) emboîte le pas à la France.

Le Collectif contre l'Homophobie se félicite dans un communiqué d'une «décision historique» et une «étape décisive» pour les personnes transgenres, qui «ne seront plus stigmatisées et considérées par la France comme des malades mentaux».

«Il est temps à présent, de passer du symbole aux actes concrets, en luttant contre les violences et les discriminations qui pèsent sur les trans», ajoute Homosexualité et Socialisme (HES). Au chapitre des «actes concrets», elle met d'abord l'accent, comme toutes les associations, sur l'assouplissement des règles pour les changements d'état civil ou le droit à la parentalité pour les personnes transgenres.

L'obtention d'un nouvel état civil doit être possible «sans imposer ni stérilisation, ni réassignation chirurgicale obligatoire, véritable atteintes à l'intégrité intime de leur corps», ajoute l'Inter-LGBT.

Le combat contre la transphobie a été choisi comme thème de cette journée contre l'homophobie, et à cette occasion, un groupe de personnalités de la politique, des arts et des lettres ou de la médecine publie une tribune dans le quotidien «Le Monde» daté dimanche-lundi. Parmi les signataires, la première secrétaire du PS Martine Aubry, l'eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit, la philosophe Elisabeth Badinter, le maire de Paris Bertrand Delanoë, ou encore les Prix Nobel Elfriede Jelinek (Littérature) ou Luc Montagnier (Médecine).

Les signataires déplorent les assassinats de transexuels, «victimes de crimes de haine, de préjugés et de discriminations», ainsi que leurs droits «bafoués», et appellent l'OMS, les Nations unies et les États à prendre des mesures et à «refuser la transphobie».