Quelque 500 à 800 manifestants anti-OTAN, selon la police et les organisateurs, ont défilé vendredi après-midi à Baden-Baden (sud-ouest de l'Allemagne), où les dirigeants de l'OTAN étaient attendus en soirée pour un dîner de gala, a constaté l'AFP.

Derrière une banderole ornée d'un gros poisson et proclamant «NATO geht Baden Baden» (un jeu de mot signifiant «l'OTAN fait naufrage»), les manifestants, pacifistes, altermondialistes, anti-militaristes et anti-capitalistes défilaient sous haute surveillance policière.

«60 ans c'est trop, non à l'OTAN», scandaient les militants, dont de nombreux jeunes drapés dans des drapeaux arc-en-ciel. «Tous les soldats sont des meurtriers», proclamait une banderole citant l'écrivain allemand Kurt Tucholsky. «Pas d'intervention militaire, ni ici ni à l'étranger», revendiquait une autre.

Très étroitement encadrés par des milliers de policiers anti-émeutes, casqués et équipés d'uniformes de protection --3.000 policiers au total étaient déployés dans la petite ville thermale--, les manifestants se sont vu interdire de s'approcher du centre-ville où la chancelière Angela Merkel recevait dans l'après-midi le président américain Barack Obama.

La chancelière et le président Obama devaient ensuite assister à un concert de la violoniste Anne-Sophie Mutter puis à un dîner de gala avec les autres chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN.

«Pas de soupe pour Obama!», scandaient à ce propos les manifestants, ajoutant aussitôt «Nous sommes le sel dans la soupe !».

Parvenu vers 14h30 GMT au terme du parcours d'environ 3 km qui lui avait été assigné, le cortège s'est immobilisé au pied d'une église, une imposant barrage policier l'empêchant d'aller plus loin.

Une brève échauffourée a alors eu lieu au moment où des policiers anti-émeute ont interpellé dans la foule des manifestants un jeune homme à qui elle reprochait de s'être dissimulé le visage derrière des lunettes et une cagoule noire, ce qu'elle avait expressément interdit.

Rapidement maîtrisé par les forces de l'ordre, le jeune homme devait être placé en garde à vue. Le calme est rapidement revenu au sein de la manifestation qui se dispersait en fin d'après-midi.

Jeudi, à la veille de la manifestation, la police avait évoqué une participation prévisible de plusieurs milliers de personnes, mais les mesures draconiennes de sécurité appliquées en Allemagne comme en France avaient sans doute découragé des protestataires.

«De nombreuses personnes ont renoncé à venir depuis le +camp des anti+ de Strasbourg car elles avaient peur de ne pas pouvoir retourner ensuite manifester en France», a expliqué Monty Schädel, l'un des porte-parole des manifestants à Baden-Baden.

M. Schädel a par ailleurs dénoncé les nombreuses restrictions imposées par la police, et notamment l'interdiction faite à l'«armée des clowns» --ces manifestants qui habituellement narguent la police par des numéros de cirque-- de se munir de pistolets à eau.

«Alors que l'OTAN déploie tant d'armes meurtrières dans le monde, une telle interdiction nous inspire du dégoût», a commenté M. Schädel.

Une grande manifestation est prévue samedi à Strasbourg et Kehl, à l'issue du sommet.