Un homme portant un prénom tamoul est mort jeudi devant le bâtiment de l'ONU à Genève après s'être immolé pour protester contre le conflit au Sri Lanka, a rapporté vendredi la police suisse.

Mis à jour le 13 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'homme, dont l'identité n'est pas connue, s'est aspergé d'essence et enflammé sur la place faisant face aux Nations unies, a raconté la police qui a été prévenue par des passants ainsi que des agents de sécurité de l'ONU.L'homme était décédé quand les forces de police sont arrivées sur place, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police de Genève, Eric Grandjean.

«Il était seul, il n'y avait presque personne sur la place», a précisé M. Grandjean.

L'homme avait laissé une lettre de cinq pages où il ne donne que son prénom tamoul et raconte qu'il vivait en Grande-Bretagne. Il y explique qu'il voulait protester contre le conflit au Sri Lanka, a encore indiqué le porte-parole.

La police n'avait pas toujours pas réussi à l'identifier vendredi soir, le corps étant totalement carbonisé.

Quelque 500 personnes, en majorité des Sri-Lankais, se sont réunis sur la place pour rendre un hommage à cet homme vendredi en fin d'après-midi.

Les troupes sri-lankaises mènent depuis plusieurs semaines une offensive finale pour «libérer» entièrement l'ex-Ceylan, ancienne colonie britannique meurtrie par 37 années de conflit entre la majorité cinghalaise bouddhiste et la minorité tamoule hindouiste.

L'offensive se concentre désormais sur un dernier carré de guérilleros des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) acculés sur 100 km2 de jungle dans le nord-est de l'île.

Depuis une semaine, 25 000 civils tamouls ont fui la zone de guerre, mais 100 000 seraient encore coincés et serviraient de «boucliers humains» aux insurgés, selon l'armée.