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La crise se poursuit en Grèce

Des affrontements entre jeunes et policiers ont éclaté,... (Photo: AFP)

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Des affrontements entre jeunes et policiers ont éclaté, pour ne cesser qu'en fin d'après-midi, devant la prison athénienne de Korydallos, la principale de Grèce.

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Émeutes en Grèce

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Émeutes en Grèce

Toutes les nouvelles sur les émeutes à Athènes, à la suite de la mort d'Alexis Grigoropoulos, tué par un policier. »

Hélène Colliopoulou
Agence France-Presse
Athènes

De nouveaux incidents se sont produits jeudi entre jeunes et forces de l'ordre à Athènes, où les violences sont quotidiennes depuis la mort samedi soir d'un adolescent tué par un policier, plongeant la Grèce dans une profonde crise sociale et politique.

Malgré les nouvelles escarmouches, pour certaines très ponctuelles, la police a fait état d'une «baisse de tension» par rapport aux jours précédents, tout en restant sur le qui-vive.«Il y a une baisse de tension par rapport à lundi et mardi, mais nous devons faire face à des éléments hétéroclites et il est difficile de prévoir l'évolution de la situation», a expliqué à l'AFP en début de journée le porte-parole de la police, Panayotis Stathis.

«Nous sommes encore sur la crête du mouvement, heureusement en province, la situation est plus calme», a-t-il ajouté.

Près de 1200 personnes, membres de groupes de la gauche extraparlementaire pour la plupart, ont commencé à défiler dans le calme jeudi soir dans le centre de Salonique (nord), a-t-on appris de source policière.

A Athènes, elles étaient environ quatre cents à s'être rassemblées dans la soirée dans le centre-ville, bouclé et où les forces de l'ordre étaient présentes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants, qui appartiennent eux aussi majoritairement à des groupes de la gauche extraparlementaire, devaient défiler jusqu'au Parlement.

«Désarmez la police !», «Un adolescent mort, la haine augmente !», «Les assassins doivent être punis !», scandaient-ils.

Dans la matinée, des affrontements entre jeunes et policiers avaient éclaté, pour ne cesser qu'en fin d'après-midi, devant la prison athénienne de Korydallos, la principale de Grèce. Seuls quelques dizaines de jeunes restaient encore sur place.

Des élèves s'étaient rassemblés à proximité de cet établissement, situé dans la banlieue ouest de la capitale, pour protester contre la mort de leur camarade samedi et attendre le transfèrement du policier accusé de l'avoir tué.

Selon une source judiciaire, le policier inculpé mercredi d'«homicide volontaire» et un de ses collègues, accusé de «complicité», ont été conduits jeudi à Korydallos et placés en détention provisoire «dans la plus grande discrétion».

Les accrochages avaient débuté quand des centaines d'élèves du quartier avaient lancé des projectiles sur les forces de l'ordre devant la prison.

Les policiers avaient fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule, avait constaté le photographe de l'AFP.

Des affrontements ont également eu lieu devant la faculté d'Agronomie et dans deux autres quartiers d'Athènes.

Dans celui d'Exarchia, où Alexis Grigoropoulos a trouvé la mort, une quarantaine de jeunes ont jeté tôt jeudi matin des pierres sur les forces anti-émeutes, qui ont riposté avec du gaz lacrymogène. Trois personnes ont été interpellées.

Des incidents se sont par ailleurs déroulés dans plusieurs autres grandes villes d'Europe, comme à Rome et à Bologne, en Italie, où cinq policiers et un soldat ont été blessés mercredi dans des affrontements avec des manifestants qui protestaient contre la mort d'Alexis Grigoropoulos, 15 ans, samedi à Athènes.

Des manifestations, qui ont dégénéré en heurts avec la police, ont parallèlement eu lieu en Espagne, à Madrid et Barcelone, et un inconnu a lancé un engin incendiaire contre le consulat de Grèce à Moscou. A Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, deux véhicules ont été incendiés devant le consulat de Grèce.

Officiellement, les établissements scolaires ont rouvert jeudi en Grèce, après un jour de deuil mardi et une grève générale mercredi, mais beaucoup de lycées et d'universités restaient occupés par les élèves et étudiants, dans l'attente d'assemblées générales sur la suite à donner aux actions jusqu'alors entreprises.

Les mouvements étudiants ont d'ores et déjà annoncé une grande manifestation pour vendredi.

A Salonique, dix universités et douze lycées restaient occupés jeudi.

A Athènes, l'Ecole Polytechnique, les Facultés d'Agronomie, de Droit et des Lettres étaient toujours occupées et une centaine de lycées demeuraient fermés.

En vertu de la législation en Grèce, la police ne peut pas intervenir dans les universités.

Affaibli par cette flambée de violence, mis en cause par les manifestants qui dénoncent la politique d'austérité du gouvernement, le Premier ministre conservateur, Costas Caramanlis, est parti jeudi pour le sommet européen sur le climat à Bruxelles.

Le chef de l'opposition socialiste, Georges Papandréou, a dénoncé «les inégalités sociales» et «la corruption au plus haut niveau du gouvernement», responsables selon lui des émeutes.

«Nous avons besoin d'un nouveau gouvernement, particulièrement dans le contexte de crise économique internationale», a-t-il poursuivi, appelant de nouveau à la démission de l'exécutif grec.

La vague de violences urbaines à laquelle la Grèce est confrontée est sans précédent dans ce pays depuis son retour à la démocratie en 1974.




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