(Washington) Les États-Unis ont exhorté vendredi à ce que les responsabilités soient établies dans le double meurtre d’un journaliste britannique et d’un expert reconnu des peuples indigènes en Amazonie brésilienne, saluant par la même occasion les défenseurs de la forêt tropicale.

Mis à jour le 17 juin
Agence France-Presse

Le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price a présenté des condoléances à la famille du journaliste Dom Phillips et à celle de son guide et expert Bruno Pereira, déclarant qu’ils avaient été « assassinés pour leur soutien à la préservation de la forêt tropicale et des populations autochtones là-bas ».

« Nous appelons à ce que des comptes soient rendus et à la justice. Nous devons collectivement renforcer nos efforts pour protéger les défenseurs de l’environnement et les journalistes », a-t-il déclaré sur Twitter.

Le double meurtre a été confirmé quelques jours après que le président américain Joe Biden a tenu une première réunion avec son homologue brésilien Jair Bolsonaro.

L’expertise pratiquée sur des restes humains retrouvés en Amazonie a confirmé qu’ils étaient bien ceux du journaliste britannique Dom Phillips, disparu le 5 juin en compagnie de l’expert brésilien Bruno Pereira, a annoncé vendredi la Police fédérale qui enquête sur le double meurtre.

« Cette confirmation a été possible grâce à un examen odontologique » des prélèvements qui ont été analysés dans un laboratoire à Brasilia, a indiqué la police dans un communiqué.

« Les travaux d’identification complète se poursuivent, pour mieux comprendre la cause des décès, la dynamique du crime et la dissimulation des cadavres », a-t-elle ajouté.

Plus tôt dans la journée, les policiers ont indiqué que les éléments dont ils disposaient à ce stade de l’enquête portaient à croire « que les tueurs ont agi seuls, sans commanditaire, sans une organisation criminelle à l’origine des meurtres ».

Les restes de Dom Phillips ont été retrouvés mercredi à l’endroit indiqué par l’un des deux suspects arrêtés, le pêcheur Amarildo da Costa de Oliveira, dit « Pelado », qui avait avoué la veille avoir enterré les corps.

L’Union des peuples indigènes de la Vallée de Javari (Univaja), dont des membres ont activement participé aux recherches, a réfuté vendredi la version de la police.

« Il n’y a pas seulement deux tueurs, mais un groupe organisé qui a planifié le crime dans ses moindres détails », a affirmé l’Univaja dans un communiqué.

La disparition des deux hommes a ravivé les critiques contre ce dernier, accusé d’encourager les invasions de terres indiennes avec ses discours en faveur de l’exploitation des ressources de la plus grande forêt tropicale du monde.  

Dans une interview, le chef d’État brésilien a semblé accuser le journaliste et l’expert d’avoir entrepris un voyage « irresponsable » dans une zone où le premier était « mal vu ».

Les policiers chargés d’élucider la mort de Dom Phillips et de Bruno Pereira ont affirmé vendredi que ce double meurtre n’avait « pas de commanditaire » issu d’une « organisation criminelle », une version contestée par une association de peuples indigènes.

Allié de l’ancien président américain Donald Trump, Jair Bolsonaro a semblé néanmoins enjoué après sa rencontre avec Joe Biden en marge du Sommet des Amériques à Los Angeles la semaine dernière.

Durant la rencontre, Joe Biden a exprimé ses inquiétudes vis-à-vis du changement climatique et de la déforestation en Amazonie.