Le maire de la Ville a présenté lundi son plan pour en finir avec la violence par armes à feu

Publié le 25 janvier
Richard Hétu
Richard Hétu Collaboration spéciale

(New York) Après la nuit funeste de vendredi dernier, Eric Adams ne pouvait plus retarder le dévoilement de son plan pour lutter contre la violence par armes à feu à New York.

Au début de cette soirée, le nouveau maire démocrate s’est d’abord rendu dans le Bronx pour participer à une veillée en l’honneur de Catherine Ortiz, qui a célébré ce jour-là son premier anniversaire de naissance dans un hôpital. Deux jours plus tôt, l’enfant avait été atteinte à la joue par une balle perdue alors qu’elle se trouvait dans une voiture garée le long d’une rue de son arrondissement natal.

Puis, quelques heures plus tard, le successeur de Bill de Blasio a mis le cap sur Harlem, où deux agents du NYPD venaient d’être pris pour cible par un tireur alors qu’ils répondaient à un appel concernant une dispute familiale. L’un des deux, âgé de 22 ans, a succombé à ses blessures.

En faisant référence à ces tragédies et aux autres qui les ont précédées au cours des derniers mois, le maire a évoqué dimanche une « mer de crimes qui a été alimentée par de nombreux fleuves ».

Et il a promis lundi de tarir l’un de ces fleuves en présentant un « plan d’action pour mettre fin à la violence par armes à feu », une initiative qu’il ne prévoyait pas dévoiler après seulement trois semaines complètes à son poste.

« Je veux être clair », a déclaré Eric Adams lors d’une allocution solennelle à l’hôtel de ville. « Il ne s’agit pas seulement d’un plan pour l’avenir – c’est un plan pour maintenant. La violence par armes à feu est une crise de santé publique. Il n’y a pas de temps à perdre. »

Retour d’unités controversées

Élu à la mairie de New York en promettant de faire une priorité de la lutte contre la criminalité, Eric Adams veut notamment s’attaquer aux armes à feu illégales et aux gangs en ramenant les unités de policiers démantelées au plus fort de la contestation qui a suivi le meurtre de George Floyd à Minneapolis.

Les membres de ces unités seront déployés au cours des trois prochaines semaines dans 30 postes de police couvrant des zones où 80 % de la violence par armes se produit, selon le maire Adams.

Les unités comptaient environ 600 policiers au moment d’être dissoutes, en juillet 2020. Au sein du NYPD, elles étaient considérées comme une force d’élite composée d’agents ambitieux qui désarmaient les criminels dans les quartiers les plus violents de la ville.

Leurs détracteurs les voyaient plutôt comme un symbole des méthodes agressives, voire illégales, employées par les policiers de New York et d’ailleurs.

En campagne électorale, Eric Adams, ex-capitaine du NYPD, s’est attiré les critiques des progressistes de son propre parti en s’engageant à remettre ces unités sur pied une fois élu.

PHOTO LLOYD MITCHELL, ARCHIVES REUTERS

Le maire de New York, Eric Adams, est un ancien capitaine du NYPD

Son plan d’action prévoit également une augmentation des budgets alloués à une unité de détectives chargée de saisir des armes à feu illégales et de monter des dossiers contre les trafiquants et les vendeurs d’armes à feu illégales.

« Mes amis new-yorkais, nous allons faire bien plus que prier », a déclaré Eric Adams lors de son allocution. « Nous allons retirer les tireurs des rues et les armes de leurs mains. »

L’an dernier, le NYPD a saisi 6000 armes à feu illégales. Mais son travail est loin d’être achevé.

Emplois et santé mentale

« De nouvelles armes à feu arrivent chaque jour en voiture, en bus et en train », a dit Eric Adams en formulant une série de demandes aux élus de Washington et d’Albany, siège du gouvernement de l’État de New York, pour l’aider à juguler la criminalité et le trafic d’armes à feu.

Il a notamment appelé les parlementaires new-yorkais à permettre aux juges de refuser la mise en liberté sous caution à certains individus ayant des antécédents violents.

Son plan d’action préconise également la mise sur pied de programmes d’emploi pour les jeunes de 16 à 24 ans, en particulier pour ceux qui sont placés en famille d’accueil. Une autre priorité est la santé mentale.

La soirée tragique de vendredi dernier mettait fin à une semaine qui avait commencé sur une note aussi sombre quand un homme souffrant de troubles mentaux a poussé Michelle Go, une femme de 40 ans, sur les rails du métro de New York dans la station de Times Square. La New-Yorkaise n’a pas survécu.

Deux autres agents du NYPD ont par la suite été blessés par balle, l’un mardi dernier dans le Bronx et l’autre jeudi dernier à Staten Island.

« Statistiquement, la ville de New York reste la grande ville la plus sûre d’Amérique, a déclaré Eric Adams lundi. Mais nous n’allons pas nous contenter des statistiques. Il ne s’agit pas d’autres villes. Il s’agit de la ville de New York. »