(Washington) Le Congrès américain a ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’assassinat en juillet 2021 du président haïtien Jovenel Moïse, meurtre autour duquel persistent de nombreuses zones d’ombre.

Publié le 14 janvier
Agence France-Presse

La loi, adoptée par le Sénat jeudi dans la nuit, donne trois mois au département d’État pour produire un rapport censé fournir une « description détaillée » des circonstances autour de cet assassinat.

Ce rapport doit aussi examiner s’il y a eu une quelconque ingérence dans l’enquête officielle sur le meurtre du président et si l’un de ses auteurs a pu être employé par le gouvernement américain par le passé.

Au début du mois, un ancien militaire colombien accusé d’avoir fait partie du groupe d’une vingtaine d’hommes ayant tué Jovenel Moïse et grièvement blessé son épouse dans leur résidence présidentielle à Port-au-Prince, le 7 juillet 2021, a été inculpé aux États-Unis.

PHOTO MATIAS DELACROIX, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Un homme tenant une photo du président assassiné Jovenel Moïse, lors de ses funérailles le 20 juillet 2020.

Plus de 40 personnes, dont une quinzaine de Colombiens et des Américains d’origine haïtienne, ont déjà été arrêtées dans le cadre de l’enquête.

Mais de nombreuses questions subsistent quant aux motivations autour de cet assassinat, qui a encore davantage plongé dans l’incertitude le pays des Caraïbes gangrené par la pauvreté, l’insécurité et la corruption.

« Nous sommes très préoccupés par le fait qu’un gouvernement haïtien à la fois instable et corrompu autorise ou permette de nouvelles violations des droits humains », a souligné vendredi le sénateur Ben Cardin, l’un des auteurs de la loi dans un communiqué.

La loi appelle également à une enquête concernant un massacre dans le bidonville de La Saline, à Port-au-Prince en 2018, lors duquel des dizaines de personnes sont mortes.