(Washington) La Cour suprême des États-Unis s’est interrogée mardi sur le maintien en rétention de certains immigrés pendant plusieurs mois, un sujet qui place l’administration du démocrate Joe Biden en délicatesse avec les défenseurs des migrants.

Mis à jour le 11 janvier
Agence France-Presse

La haute juridiction a examiné deux dossiers distincts, concernant des Mexicains entrés illégalement aux États-Unis et placés en détention après avoir été interpellés.

Invoquant des risques pour leur sécurité, notamment des menaces de torture émanant de la police ou de gangs armés, ces migrants avaient demandé à ne pas être renvoyés dans leur pays. Après plusieurs mois sans réponse, ils avaient réclamé le droit de voir un juge pour obtenir une remise en liberté sous caution.  

En 2019, la justice leur avait donné raison et estimé qu’après six mois de détention, ils avaient droit à une telle audience.

Le gouvernement de Donald Trump, qui avait fait de la lutte contre l’immigration illégale un marqueur de sa présidence, avait demandé à la Cour suprême de revoir cette décision, applicable à des milliers d’autres migrants.  

En 2021, l’administration du démocrate Joe Biden, qui avait promis de rendre le système migratoire plus humain, a poursuivi ce combat, au grand dam des associations de défense des migrants. Elle est « du mauvais côté de la bataille », a ainsi critiqué la puissante ACLU.

Lors de l’audience mardi, le représentant du ministère de la Justice a souligné que la plupart des migrants étaient relâchés ou expulsés en moins de six mois.

« La durée moyenne de détention est inférieure à six mois, mais il y a un grand nombre de personnes pour qui ce n’est pas vrai », a rétorqué la juge progressiste Sonia Sotomayor. « Ces procédures peuvent parfois durer des années et des années ».

« Compte tenu de l’Histoire de notre pays, peut-on détenir une personne, qui n’est même pas un criminel, pendant des mois et des mois sans lui accorder au moins une audience devant un juge ? », a renchéri son collègue Stephen Breyer.

La décision des neuf sages, dont six conservateurs, est attendue d’ici à la fin juin.

Aux États-Unis, la loi fixe normalement à 90 jours le délai pour appliquer un ordre d’expulsion, mais autorise dans certains cas à aller au-delà. En 2021, la durée moyenne de rétention des migrants était de 45,7 jours, selon les statistiques officielles.