(New York) Des victimes du couple formé par Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein se sont félicitées du verdict rendu mercredi soir par un tribunal de New York et jugeant l’ex-mondaine britannique coupable de trafic sexuel de mineures au bénéfice de l’ancien financier américain mort en 2019.

Publié le 30 déc. 2021
Agence France-Presse

« J’espère que ce verdict apportera du réconfort à toutes celles qui en ont besoin et montrera que personne n’est au-dessus des lois », a déclaré dans un communiqué sur Twitter Annie Farmer, l’une des quatre plaignantes au procès de Ghislaine Maxwell.

« Même les puissants et les privilégiés seront tenus pour responsables lorsqu’ils agressent et exploitent sexuellement des jeunes », a ajouté la quadragénaire, la seule femme à avoir témoigné sans pseudonyme pour dénoncer les crimes sexuels de Mme Maxwell.

L’ancienne figure de la jet-set internationale a été jugée coupable par le tribunal fédéral de Manhattan d’une série de crimes sexuels, en particulier le plus grave : le trafic de jeunes filles mineures entre 1994 et 2004, au bénéfice de son ancien compagnon Jeffrey Epstein qui s’est suicidé en prison en août 2019.

Mme Maxwell, 60 ans, encourt des dizaines d’années de prison, mais la date du prononcé de la peine n’a pas encore été fixée par la justice américaine. Son avocate Bobbi Sternheim a annoncé son intention de faire appel.

Une autre accusatrice d’Epstein, Theresa Helm, qui n’était pas partie au procès de Maxwell, a qualifié cette dernière, dans une interview à la BBC, de « reine de la manipulation ».

« Ghislaine Maxwell n’aura plus jamais l’occasion de prendre quoi que ce soit à quiconque. Elle est passée de l’autre côté de la liberté. Nous, les survivantes, sommes libres », a-t-elle déclaré à la télévision britannique.

L’accusation a décrit Ghislaine Maxwell en « prédatrice sophistiquée » qui agissait en toute connaissance de cause pour attirer et séduire des jeunes filles et les livrer à Epstein.

Outre ce multimillionnaire mort à 66 ans, l’ombre du prince britannique Andrew, un proche d’Epstein et de Maxwell, a plané sur ce procès : il fait l’objet depuis août dernier d’une plainte à New York pour « agressions sexuelles » il y a 20 ans, déposée par une Américaine aujourd’hui quadragénaire, Virginia Giuffre.

Saluant le verdict mercredi soir, Mme Giuffre a rappelé « avoir vécu l’horreur des agressions de Maxwell » et a rendu hommage à « toutes les autres filles et jeunes femmes qui ont souffert entre ses mains et dont elle a détruit les vies ». Elle a dit espérer que d’autres que Maxwell « rendent des comptes ».