(Washington) La pression monte dans l’entourage de Donald Trump : des élus américains ont recommandé lundi des poursuites pénales contre l’ancien chef de cabinet du milliardaire républicain, Mark Meadows, qui refuse de coopérer à leur enquête sur l’assaut du Capitole.

Mis à jour le 13 déc. 2021
Camille CAMDESSUS Agence France-Presse

Cette commission parlementaire, mise sur pied pour comprendre le rôle précis de l’ex-président et son entourage dans l’attaque du Congrès américain le 6 janvier 2021, a voté, peu avant 20 h, à l’unanimité en faveur de poursuites visant l’ancien bras droit de Donald Trump à la Maison-Blanche

Mark Meadows, un des plus proches conseillers du tempétueux président au moment où des milliers de ses partisans avaient envahi le Capitole pour tenter de bloquer la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, est au cœur de toutes les attentions.

L’homme de 62 ans a fourni des milliers de pages de documents officiels, courriels et texto aux enquêteurs, mais refuse coûte que coûte de témoigner auprès de cette commission. Mark Meadows risque des poursuites, au motif qu’il tente, par son silence, « d’entraver une enquête du Congrès ».

PHOTO PATRICK SEMANSKY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le président Donald Trump, à gauche, s’entretient avec l’avocat de la Maison-Blanche Pat Cipollone, le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien et le chef de cabinet de la Maison-Blanche Mark Meadows (à droite) devant la Maison-Blanche, le 24 septembre 2020, à Washington.

« Les textos et les courriels de Mark Meadows révèlent sa profonde implication dans la préparation de l’attaque du 6 janvier », a estimé lundi soir l’élu Jamie Raskin.

Lors du vote, lundi, la représentante républicaine Liz Cheney a dévoilé des messages envoyés ce 6 janvier à M. Meadows par Donald Trump Jr, le fils du président, et par des personnalités de la chaîne conservatrice Fox News, l’exhortant à demander au président de prendre la parole pour faire reculer ses partisans, qui prenaient alors d’assaut le Congrès.

« Insensé »

Cette commission recommande des poursuites « car il n’a pas voulu répondre de ce qu’il sait à propos d’une attaque brutale de notre démocratie », a déclaré lundi Bennie Thompson, le président de la commission spéciale.

La recommandation de ces neuf élus devrait être adoptée dès mardi à la Chambre des représentants avant d’être transmise au ministère de la Justice. C’est à lui que revient la décision finale d’inculper Mark Meadows.

Cet ancien haut responsable de la Maison-Blanche, réputé très discret, risque la prison.

Son avocat avait auparavant dénoncé un procédé « injuste » et « insensé » et a déjà engagé des poursuites contre la commission dite « du 6 janvier », date de l’assaut du Capitole.

Ce groupe d’élus multiplie injonctions à comparaître et menaces d’inculpations dans l’entourage de Donald Trump pour resserrer peu à peu son emprise sur l’ex-président.

Le sulfureux Steve Bannon, un des artisans de la victoire de Trump en 2016, qui a lui aussi snobé la commission d’enquête, a déjà été inculpé pour le même motif.

Donald Trump, soucieux d’écarter cette menace, ordonne à ses fidèles de serrer les rangs.

L’élu démocrate et membre de la commission Adam Schiff a prévenu dans un communiqué que si d’autres témoins prévoient de ne pas répondre aux convocations de la commission spéciale, ils pourraient également « risquer de la prison ».

Privilèges présidentiels ?

Ce groupe d’élus avance à marche forcée, avec l’objectif de publier leurs conclusions avant les élections de mi-mandat de novembre 2022, lors desquelles les républicains pourraient reprendre le contrôle de la Chambre et enterrer ses travaux.

Car les partisans de l’ex-président américain s’évertuent au contraire à minimiser cette attaque, qualifiant l’enquête parlementaire de « chasse aux sorcières », une des expressions préférées de Donald Trump.

En parallèle de ces batailles sur la colline du Capitole, la commission dite « du 6 janvier » a engrangé une victoire de taille la semaine dernière, lorsqu’une cour d’appel a estimé que Donald Trump ne pouvait invoquer des privilèges présidentiels pour bloquer la transmission à l’enquête de communications internes à la Maison-Blanche.

Il reste encore quelques jours à l’ancien président pour adresser un recours à la Cour suprême.