(Washington) Un accord a été trouvé mardi pour permettre au Congrès américain de voter prochainement sur un relèvement du plafond de la dette et éviter ainsi un défaut de paiement des États-Unis, une menace imminente aux conséquences potentiellement catastrophiques.

Publié le 7 déc. 2021
Agence France-Presse

Le plafond de la dette est le montant maximum d’endettement des États-Unis. Fixé par le Congrès américain, il doit être relevé ou suspendu d’ici le 15 décembre sans quoi les États-Unis ne seraient plus en mesure du jour au lendemain d’honorer les paiements à leurs créanciers et devraient sabrer dans leurs dépenses.

Cette situation sans précédent plongerait la finance et l’économie américaines, mais également, par ricochet, internationales dans l’inconnu et pourrait provoquer une récession.

Les États-Unis, qui comme toutes les grandes économies ou presque vivent à crédit depuis des décennies pour ce qui concerne la dépense publique, ont déjà relevé à de multiples reprises ce fameux « plafond », qui requiert normalement le soutien des démocrates et des républicains.

Mais le camp républicain refuse cette fois de donner son assentiment à cette procédure, assurant que cela reviendrait à donner un chèque en blanc à Joe Biden, au moment même où ils l’accusent de contribuer à une inflation galopante.

Après des semaines de négociations, ils ont finalement donné mardi leur aval à une procédure parlementaire complexe et exceptionnelle, grâce à laquelle les démocrates n’auraient que besoin de leurs voix pour relever le plafond de la dette au Sénat.

« Je pense qu’il est dans l’intérêt du pays » d’éviter un défaut de paiement, a indiqué mardi le puissant leader républicain au Sénat, Mitch McConnell.

Gigantesque plan social et écologique

La procédure a été validée par un vote à la Chambre des représentants mardi soir, ce qui permettra au Sénat de relever le plafond de la dette en fin de semaine. La chambre basse devra ensuite valider à son tour ce relèvement, le tout avant le 15 décembre.

L’urgence est double. Car en plus de cette échéance, le Congrès a besoin de se débarrasser de ce chantier aussi vite que possible pour s’attaquer au gigantesque plan social et écologique de Joe Biden, grâce auquel le président promet de « reconstruire [l’Amérique] en mieux ».

Ce projet de 1750 milliards de dollars, qui prévoit entre autres la maternelle gratuite pour tous et de copieux financements pour réduire les émissions américaines de gaz à effet de serre, est bloqué depuis des mois au Parlement américain.  

Le leader démocrate du Sénat Chuck Schumer a réitéré mardi sa volonté d’offrir cette victoire politique à Joe Biden « avant les vacances de Noël ».