(Washington) Par un vote illustrant la polarisation politique croissante aux États-Unis, les élus du Congrès ont infligé mercredi un blâme officiel à un élu républicain, Paul Gosar, après que ce proche de Donald Trump a publié une vidéo parodique le montrant en train de tuer une élue démocrate et attaquant le président Biden.

Agence France-Presse

La motion présentée à la Chambre des représentants a été adoptée, lors de cette procédure rare, par 223 voix contre 207. Les démocrates ont la majorité dans l’hémicycle et seuls deux élus républicains, déjà marginalisés par le bloc républicain, ont voté pour.

Le scandale concernant M. Gosar, élu de l’Arizona, a éclaté après qu’il a tweeté une vidéo d’animation de style japonais, où on le voit tuer l’élue de gauche Alexandria Ocasio-Cortez et attaquer Joe Biden avec un sabre.

Paul Gosar a retiré la vidéo, qui avait accumulé plusieurs millions de vues, mais n’a pas exprimé de remords en public ni d’excuses envers ceux ciblés.

PHOTO ALASTAIR GRANT, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

L’élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, lors d’un panel au Sommet des Nations Unies sur le climat à Glasgow, en Écosse, le mardi 9 novembre 2021. Mme Ocasio-Cortez a condamné le républicain Paul Gosar, soulignant qu’il a fait « une vidéo où il fantasme de me tuer ».

« Les représentations de violence peuvent inciter des violences réelles et mettre en danger la sûreté des élus, comme on l’a observé dans cette chambre le 6 janvier 2021 », a déclaré la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi.

Le chef des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, a de son côté rétorqué que le vote à l’initiative des démocrates n’avait pas pour objectif de prévenir d’hypothétiques violences mais illustrait leur volonté de « contrôle », qu’il a assimilée à un abus de pouvoir.

Proche de l’extrême droite, Paul Gosar n’est pas destitué de son siège mais devra quitter ses fonctions au sein des commissions parlementaires où il siège.  

Cette procédure de blâme public nommée « censure » est la punition la plus sévère à laquelle les élus peuvent être soumis à la Chambre des représentants, et seulement une poignée de membres ont subi cette sanction au cours du siècle passé, le dernier exemple remontant à 11 ans.

Soutien inconditionnel de Donald Trump, Paul Gosar se fait régulièrement l’écho des accusations sans fondement de fraude électorale lors de l’élection présidentielle de 2020 lancées par l’ancien président républicain. Il est également considéré comme proche des milieux nationalistes blancs et a fait l’éloge des émeutiers du 6 janvier.