(Washington) Une commission d’enquête parlementaire a initié jeudi des poursuites pour « entrave au travail du Congrès » contre Steve Bannon, un ancien conseiller de Donald Trump qui refuse de participer à ses investigations sur l’assaut contre le Capitole.

Agence France-Presse

M. Bannon était convoqué jeudi devant cette commission spéciale de la Chambre des représentants qui enquête sur le rôle de l’ancien président républicain dans l’attaque de ses partisans contre le siège du Congrès le 6 janvier, au moment où les élus certifiaient la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Mais il ne s’est pas présenté devant les élus. « M. Bannon a refusé de coopérer », a dit le démocrate Bennie Thompson, qui dirige cette commission décriée par Donald Trump et ses alliés.  

La Commission spéciale ne va pas tolérer ce mépris de ses assignations et nous allons engager les démarches pour que M. Bannon fasse l’objet de poursuites au criminel pour entrave au travail du Congrès.

Extrait du communiqué diffusé par la commission sur l’assaut du Capitole

Les membres de la commission se réuniront mardi soir pour adopter formellement le détail de leur plainte.  

PHOTO ANDREW KELLY, ARCHIVES REUTERS

L’ancien stratège en chef de la Maison-Blanche, Steve Bannon, quitte la Cour fédérale de Manhattan, où il a été accusé dans une autre affaire, pour complot en vue de commettre une fraude électronique et un complot en vue de blanchir de l’argent à New York, le 20 août 2020. Donald Trump lui a accordé un pardon présidentiel durant ses derniers jours au pouvoir, avant même que commence le procès.

Celle-ci devra ensuite faire l’objet d’un vote en séance plénière à la Chambre, où les démocrates sont majoritaires, en vue de sa transmission au ministre de la Justice. Merrick Garland décidera s’il convient d’inculper M. Bannon, qui encourt en théorie jusqu’à un an de prison.  

M. Bannon, 67 ans, avait été l’un des artisans de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016 avant d’être poussé vers la sortie par le milliardaire républicain. Dans les derniers jours de son mandat, le président lui a accordé sa clémence, mettant un terme à des poursuites pour détournement de fonds.

Même s’il n’exerçait aucune fonction officielle le 6 janvier, il semble avoir parlé de la manifestation du 6 janvier avec le président dans les jours précédents l’assaut, selon la commission.

Outre ce conseiller, quatre autres proches de Donald Trump ont reçu des assignations de la commission spéciale, exigeant des documents ou leur témoignage.

L’ancien président leur a demandé de ne pas s’y plier, invoquant le droit de l’exécutif à garder certaines informations secrètes. Mais pour les démocrates, cette prérogative ne s’applique qu’au président en exercice.

Le débat juridique devrait se mener devant les tribunaux et risque de ralentir les travaux de la commission.