(College Park) Deux amis originaires de l’Ohio qui ont participé à l’insurrection au Capitole des États-Unis le 6 janvier ont été condamnés mercredi à 45 jours de prison chacun.

Michael Kunzelman Associated Press

La peine imposée à Derek Jancart et Erik Rau par le juge James Boasberg pourrait maintenant faire jurisprudence, alors que quelque 600 autres émeutiers présumés attendent actuellement de répondre de leurs actes devant la justice.

MM. Jancart et Rau doivent se rapporter aux autorités carcérales au plus tard le 29 novembre.

Les deux hommes n’étaient pas accusés d’avoir commis des actes de violence ou de destruction au Capitole, ou encore d’avoir tenté d’empêcher le Congrès de confirmer la victoire de Joe Biden. Leurs avocats avaient comparé leurs actions à celles d’autres émeutiers qui ont échappé à la prison après avoir plaidé coupables à des infractions non violentes.

Les procureurs fédéraux ont répliqué que plusieurs facteurs justifiaient plutôt leur incarcération, et que cela sera le cas lors de nombreux procès à venir.

Ancien militaire, avec masque à gaz

Ils ont souligné que M. Jancart, un ancien soldat de l’armée de l’air, s’était préparé à la violence en amenant un masque à gaz et des radios avec émetteur-récepteur à Washington. M. Rau, l’employé d’une aciérie, était muni d’une trousse de premiers soins et de gants de Kevlar.

Selon les procureurs, MM. Jancart et Rau ont passé 40 minutes dans le Capitole et se sont rendus jusqu’au bureau de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. M. Jancart aurait célébré la violence sur les réseaux sociaux et n’aurait témoigné d’aucun remords quand la police fédérale américaine l’a arrêté.

M. Rau aurait crié « Vous êtes encerclés ! » aux policiers, « Go, go, go ! » et « Yeah, ils viennent de défoncer les gardes ». Ces propos, ont dit les procureurs, sont « comparables à une incitation à l’insurrection et ont contribué à l’atmosphère de terreur cette journée-là ».

Ce n’était pas une manifestation. Il est important de faire comprendre aux futurs émeutiers et émeutiers potentiels - surtout à ceux qui auraient l’intention d’influencer le processus démocratique de manière inappropriée — que leurs gestes auront des conséquences.

Extrait de la déclaration des procureurs fédéraux

Le juge Boasberg a lancé aux deux hommes que les autres émeutiers et eux ont tenté de miner la passation pacifique des pouvoirs après une élection démocratique. « Il y a peu de gestes aussi graves que ceux posés par ce groupe ce jour-là », a dit le magistrat.

MM. Jancart et Rau se sont excusés et ont exprimé leurs regrets. M. Jancart a dit s’être laissé emporter par le moment et avoir suivi la foule. Il a ajouté que ses gestes sont inexcusables.

M. Jancart a été arrêté chez lui, dans l’Ohio, en février, et M. Rau en juillet. Les deux hommes ont plaidé coupables à une accusation d’inconduite au Capitole, une infraction passible de six mois de prison.

Plus de 80 accusés ont plaidé coupables à des accusations en lien avec l’insurrection, mais seulement sept autres, en plus de MM. Jancart et Rau, ont été condamnés jusqu’à présent : un homme de la Floride a écopé de huit moins de prison pour être entré dans la chambre du Sénat ; deux hommes ont été condamnés au temps déjà passé en prison après six mois de détention ; deux autres ont été assignés à domicile ; et deux ont écopé d’une sentence suspendue.

Les sentences suspendues ne devraient pas être imposées par défaut, ont fait valoir les procureurs, surtout quand des facteurs aggravants s’ajoutent au fait d’être entré illégalement dans le Capitole.

Deux autres émeutiers, Andrew Ryan Bennett et Danielle Doyle, connaîtront leur peine vendredi. Les procureurs demandent une assignation à domicile de trois mois pour M. Bennett et de deux mois pour Mme Doyle.

L’avocate de M. Rau a demandé quelle différence il y a entre leurs dossiers et celui de son client. M. Bennett et Mme Doyle ne sont pas non plus accusés de violence ou de destruction, et Mme Doyle aurait été filmée en train d’engueuler un policier après être entrée dans le Capitole par une fenêtre brisée.

Plus d’une cinquantaine d’autres émeutiers connaîtront leur peine d’ici la fin de l’année.