(Washington) Le président de la Banque centrale américaine a souligné mercredi qu’il était « très important » de relever le plafond de la dette « dans les meilleurs délais afin que les États-Unis puissent payer leurs factures ».

Agence France-Presse

« C’est d’une importance cruciale », a déclaré Jerome Powell lors d’une conférence de presse alors que les républicains refusent pour l’heure de relever le plafond de la dette ou de le suspendre. « Ne pas le faire pourrait entraîner de graves réactions, de graves dommages à l’économie, sur les marchés financiers et ce n’est tout simplement pas quelque chose que nous devrions envisager », a-t-il ajouté.

Le Trésor américain estime que les États-Unis risquent d’atteindre cette limite d’ici la fin du mois d’octobre.

Six anciens ministres sonnent l’alarme

Ces déclarations de Powell suivent de quelques heures un avertissement donné par six anciens secrétaires au Trésor, cinq démocrates et un républicain, ont alerté mercredi sur les graves conséquences économiques qu’aurait un défaut de paiement des États-Unis, en l’absence d’accord pour relever le plafond de la dette.

« Nous écrivons pour faire état de notre profond sentiment d’urgence », ont alerté, dans un courrier adressé aux responsables du Congrès, les démocrates Michael Blumenthal, Robert Rubin, Timothy Geithner, Larry Summers et Jacob Lew, ainsi que le républicain Henry Paulson.

Ils ont appelé le Congrès, l’administration Biden et le président, « à agir rapidement pour lancer et achever le processus législatif nécessaire au relèvement du plafond de la dette ».

Le plafond, de nouveau en vigueur depuis le 1er août après deux ans de suspension, constitue la limite au-delà de laquelle le pays ne peut plus emprunter, et doit compter sur ses seules liquidités pour honorer ses paiements, des salaires des militaires aux échéances de crédit.

Le département du Trésor a rogné sur certaines dépenses afin de repousser la date à laquelle le pays sera à court d’argent.

Défaut de paiement

Mais sans accord au Congrès pour relever ou suspendre le plafond, les États-Unis devraient se trouver en défaut de paiement dans la deuxième moitié du mois d’octobre.

Or la situation est dans l’impasse au Congrès, embourbée dans les désaccords entre républicains et démocrates.

« Échouer à résoudre (cette question) et permettre un défaut de paiement sans précédent pourraient causer de graves dommages à l’économie et à la sécurité nationale », ont encore averti ces anciens ministres.

Même un défaut de paiement de courte durée pourrait menacer la croissance économique. […] Il serait très dommageable de saper la confiance dans la solidité et le crédit des États-Unis, et ce dommage serait difficile à réparer.

Extrait du texte signé par six anciens secrétaires au Trésor

Ils ont encore relevé que la pandémie et les énormes dépenses adoptées par le Congrès pour y répondre, rend les risques d’autant plus importants.

Henry Paulson et un autre ancien secrétaire au Trésor républicain, Steven Mnuchin, en fonction dans l’administration Trump, ont par ailleurs mené des entretiens pour tenter de trouver une issue, selon le Washington Post.

Ils ont ainsi rencontré l’actuelle ministre des Finances Janet Yellen, et le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, qui refuse de voter pour relever ce plafond, mais en vain jusqu’à présent.

Un défaut de paiement de la première économie du monde, situation inédite, aurait des conséquences gravissimes, avec des répercussions lourdes sur l’ensemble de l’économie mondiale.