(New York) Tous les dirigeants et diplomates participant à l’Assemblée générale de l’ONU, du 21 au 27 septembre à New York, devront montrer une preuve de vaccination contre la COVID-19, en vertu des règles en vigueur dans la ville, une obligation qui a suscité la colère de Moscou.

Agence France-Presse

Dans une lettre du 9 septembre, la mairie démocrate de New York a fait savoir au président de l’Assemblée générale, Abdulla Shahid, que tous les délégués voulant entrer dans l’enceinte des Nations unies seraient susceptibles de se voir demander une preuve de vaccination. Le commissaire à la Santé de la ville, Dave Chokshi, met en avant le fait que l’amphithéâtre de l’Assemblée générale est « un centre de convention » soumis aux mêmes règles que la plupart des espaces intérieurs d’activité à New York.

Plus d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement-dont l’Américain Joe Biden, le Brésilien Jair Bolsonaro, le Turc Recep Tayyip Erdogan ou le Britannique Boris Johnson, mais pas le Français Emmanuel Macron qui ne fera pas le déplacement-ont annoncé leur volonté de participer en personne à l’Assemblée générale de l’ONU.

Plusieurs dizaines, voire centaines de personnes, accompagnent en général les dirigeants dans leurs déplacements, mais, en raison de la pandémie cette année, chaque délégation s’est vu imposer une limite de 7 personnes autorisées à entrer au siège de l’ONU, dont seulement 4 auront accès à l’amphithéâtre de l’Assemblée générale. Aucune accréditation de médias n’a été autorisée.

L’an dernier, la session annuelle de l’Assemblée s’était déroulée principalement de manière virtuelle sans venue à New York de dirigeants. Ceux qui ne viendront pas cette année prononceront leur discours dans un message vidéo préenregistré.

Le siège de l’ONU doit accueillir aussi de multiples réunions bilatérales même si les États-Unis ont encouragé les participants à les tenir hors du siège onusien.  

Le courrier de la ville de New York rappelle aussi que le masque est obligatoire dans les transports publics de l’État de New York et que la ville encourage « fortement » son port dans tous les espaces intérieurs.

D’après le courrier, les délégués devront aussi « présenter une preuve de vaccination avant de pouvoir manger, boire ou faire de l’exercice dans l’enceinte de l’ONU et pour participer à toutes les activités de divertissement, de restauration et de remise en forme de la ville de New York ».

Cette obligation a entraîné une réaction courroucée de Moscou. Dans un courrier daté de mercredi et adressé au président de l’Assemblée générale, l’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia, s’est dit « très surpris et déçu » qu’Abdulla Shahid ait donné son soutien à une telle mesure, qu’il considère comme « clairement discriminatoire ».

« Empêcher les délégués de nations indépendantes d’accéder à la salle de l’Assemblée générale ou à d’autres espaces du siège des Nations unies représenterait une violation nette de la charte des Nations unies », ajoute-t-il dans cette lettre obtenue par l’AFP.