La Louisiane se remet péniblement de l’ouragan Ida, au cinquième rang des tempêtes les plus fortes jamais enregistrées aux États-Unis. Un million de foyers sont privés d’électricité et d’eau potable et la situation pourrait mettre des jours, voire des semaines, à se rétablir.

Émilie Bilodeau
Émilie Bilodeau La Presse

Rues transformées en rivières. Feux de circulation renversés. Murs effondrés. Toits soufflés… Katie Duplass n’a pas fermé l’œil de la nuit, de dimanche à lundi, à cause des bourrasques fortes et particulièrement bruyantes. « Je n’ai jamais vu une tempête aussi violente. Le vent a fait beaucoup de dommages. Plusieurs arbres ont été déracinés et des débris comme des clôtures et des déchets jonchent le sol partout », raconte celle qui habite La Nouvelle-Orléans depuis toujours.

PHOTO FOURNIE PAR KATIE DUPLASS

Katie Duplass

La maison de Katie Duplass n’a été ni endommagée ni inondée. Mais comme l’électricité et l’eau potable risquent de n’être de retour que dans plusieurs jours, la femme cherchait un endroit où loger sa famille, lundi, quand elle a accordé une entrevue à La Presse.

Les vents de l’ouragan Ida ont atteint entre 230 km/h et 240 km/h, selon différentes sources. Toute la ville de La Nouvelle-Orléans a été coupée du réseau électrique, en milieu de soirée, dimanche. Les hôpitaux, déjà remplis au maximum à cause de la COVID-19, et les stations de pompage d’eau fonctionnent à l’aide de génératrices. Dans plusieurs villes, le 911 demeure inopérant. Toutes les personnes ayant besoin d’assistance ont été invitées à se rendre au poste de pompiers le plus proche, a écrit le Centre de communications d’urgence de La Nouvelle-Orléans, sur Twitter.

Bradley Wilson, qui se trouvait chez un ami dans le Quartier français de La Nouvelle-Orléans, affirme avoir été terrifié par la force des rafales.

PHOTO FOURNIE PAR BRADLEY WILSON

Bradley Wilson

C’était pire que l’ouragan Katrina. Le vent était si fort qu’on pouvait l’entendre et le sentir à travers des murs de béton. On avait peur d’ouvrir nos portes et de ne pas être assez forts pour les refermer.

Bradley Wilson

Un seul décès a été enregistré à Prairieville, en banlieue de Baton Rouge. La victime s’est fait happer par un arbre cassé, a confirmé le bureau du shérif de la paroisse de l’Ascension. Le travail des secouristes a d’ailleurs été perturbé par de nombreuses routes coupées par des inondations, des arbres tombés ou des lignes de haute tension rompues.

Le gouverneur de la Louisiane, le démocrate John Bel Edwards, a qualifié de « catastrophiques » les dommages causés par Ida au réseau électrique. Celui-ci a dit s’attendre à ce que le bilan des morts augmente avec les heures. Lundi, la Maison-Blanche a indiqué avoir déployé 3500 employés de la FEMA (Agence fédérale de gestion des urgences) sur le terrain. Ceux-ci ont distribué 3,4 millions de repas durant la journée.

D’ouragan en ouragan

Des Louisianais ont d’ailleurs dénoncé avoir été informés à la toute dernière minute de la trajectoire de l’ouragan de catégorie 4 (sur 5). Des responsables ont déclaré qu’Ida s’était intensifiée en ouragan extrêmement puissant trop rapidement sur le golfe du Mexique pour organiser une évacuation obligatoire des 390 000 habitants de La Nouvelle-Orléans. Nombre d’entre eux n’avaient pas assez d’essence pour fuir ou d’argent pour se payer un transport vers un endroit sûr.

Ida a touché terre 16 ans, jour pour jour, après Katrina. Ce « monstre » avait provoqué des ruptures de digues et des inondations meurtrières : 1800 personnes avaient perdu la vie à la suite du passage de cet ouragan, le 29 août 2005. Les autorités de La Nouvelle-Orléans ont d’ailleurs souligné que le système de digues a été considérablement renforcé depuis cette catastrophe.

En début de journée lundi, l’ouragan Ida s’est transformé en tempête tropicale et a poursuivi sa trajectoire vers le Mississippi, l’un des États les plus pauvres des États-Unis.

Avec l’Agence France-Presse et l’Associated Press