(Washington) La vaccination contre la COVID-19 deviendra obligatoire « d’ici la mi-septembre » pour tous les membres des forces armées américaines, a annoncé lundi le secrétaire à la Défense, une décision « fortement soutenue » par Joe Biden.

Mis à jour le 9 août 2021
Paul HANDLEY Agence France-Presse

Dans une note adressée aux employés du Pentagone, Lloyd Austin explique qu’il demandera au président démocrate d’approuver formellement cette décision dans environ cinq semaines, à moins que le vaccin de Pfizer-BioNTech n’obtienne avant l’autorisation complète de l’agence américaine des médicaments, la FDA.

Une telle approbation pourrait intervenir début septembre, selon certains responsables.

Les vaccins anti-COVID-19 n’ayant jusque-là reçu qu’une autorisation d’urgence de la part de la FDA, le Pentagone ne les avait pas imposés à ses troupes, comme il le fait pour d’autres vaccins.

Une telle mesure aurait en effet ouvert la porte à des recours judiciaires, à moins que le président n’intervienne et décide d’une dérogation.

Si la FDA ne donne pas d’autorisation complète au vaccin de Pfizer-BioNTech – ou à tout autre remède en cours d’utilisation aux États-Unis – d’ici la mi-septembre, le secrétaire a affirmé qu’il demanderait une telle dérogation à Joe Biden.

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Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin

Le président a déclaré dans un communiqué lundi qu’il partageait avec son secrétaire à la Défense « un engagement immuable pour s’assurer que nos troupes aient tous les outils nécessaires afin d’effectuer leur travail aussi sûrement que possible ».

Actuellement, 73 % des 1,4 million de soldats d’active ont au moins reçu une injection, mais en ajoutant les 1,1 million de soldats de réserve, ce taux descend à 56 %, alors que le chiffre au sein de la population américaine est désormais de 58,8 %.

17 vaccins obligatoires

Certains hauts responsables américains s’inquiètent par ailleurs de l’impact que le virus pourrait potentiellement avoir sur les troupes et les opérations de combat.

L’élu républicain à la Chambre des représentants Mike Rogers, membre de la Commission des forces armées, a souligné l’importance des vaccins pour la préparation militaire.

« Les vaccins protègent nos hommes et femmes [des forces armées] dont beaucoup doivent vivre dans des lieux étroits et bondés », a-t-il soutenu.

Les membres des forces armées américaines ont actuellement l’obligation d’avoir reçu 17 vaccins contre diverses maladies – tous des remèdes ayant été approuvés par la FDA.

Fin juillet, Joe Biden avait demandé à l’armée de réfléchir à « comment et quand » ajouter le vaccin contre la COVID-19 à la liste des vaccins obligatoires pour les troupes.

La Maison-Blanche avait fait savoir au même moment que des millions d’employés fédéraux devraient soit être vaccinés, soit se plier à une série de contraintes.

Plus de la moitié (50,2 %) de la population américaine est désormais entièrement vaccinée contre la COVID-19, selon les autorités sanitaires des États-Unis, alors que le pays subit depuis plusieurs semaines une flambée de l’épidémie liée au variant Delta.

La campagne de vaccination de masse a été menée tambour battant par l’administration Biden dès sa prise de fonctions. Mais après un pic début avril, le rythme des immunisations quotidiennes avait fortement baissé.

L’objectif fixé par Joe Biden de 70 % d’adultes ayant reçu au moins une injection n’a finalement été atteint qu’en début de semaine dernière, avec près d’un mois de retard.

Le nombre de vaccinations a toutefois légèrement rebondi depuis le début de juillet.