(Rome) Le Fonds international de développement agricole (Fida) a annoncé mardi la formation d’une coalition avec les banques publiques de développement pour financer la transformation des systèmes alimentaires.

Agence France-Presse

À terme, l’objectif est de promouvoir une agriculture et une distribution durables, favoriser la juste rémunération des producteurs locaux et lutter contre l’inégalité dans l’accès à l’alimentation.

Les besoins en financement sont estimés à 350 milliards de dollars par an dans les dix prochaines années (0,5 % du PIB mondial), rappelle dans un communiqué le Fida, un organisme des Nations unies.

« Les banques publiques de développement investissent déjà sensiblement dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture. En exploitant et en réorientant ces investissements afin d’appuyer la transition vers des systèmes alimentaires plus équitables et plus durables, nous pourrions véritablement changer la donne », a déclaré Gilbert Houngbo, président du Fida, cité dans le communiqué.

L’initiative a été annoncée lors d’un présommet qui se tient à Rome du 26 au 29 juillet en amont du Sommet des Nations unies consacré à ce thème en septembre à New York.

Outre la Fida, la Banque française de développement (AFD) et la Caisse des dépôts italienne (CDP) sont associées à la nouvelle coalition qui doit également faire appel aux « pouvoirs publics, à des instituts de recherche, des entreprises du secteur privé et des organisations de la société civile », précise le communiqué.

« Il n’y a pas suffisamment de ressources [financières] pour la transformation des systèmes alimentaires », avait prévenu à l’ouverture du sommet, Amina Mohammed, vice secrétaire générale de l’ONU.

Bien avant l’apparition de la pandémie, « nous n’étions déjà pas en voie d’éliminer la faim et la malnutrition dans le monde d’ici à fin 2030 », objectif que s’est fixé l’ONU, mais « la pandémie a rendu la tâche encore plus difficile », constate un rapport récent des Nations Unies.

« La crise sanitaire a entraîné une crise alimentaire », a déploré le premier ministre italien Mario Draghi à la réunion de Rome, soulignant qu’en 2020 plus de 810 millions de personnes dans le monde souffraient de la faim, contre 690 millions en 2019.

Dans un message adressé aux participants du présommet, le pape François a indiqué soutenir la transformation des systèmes alimentaires afin de « renforcer les économies locales, améliorer la nutrition, réduire le gaspillage alimentaire, promouvoir des régimes sains accessibles à tous, un développement durable pour l’environnement et respectueux des cultures locales ».

« La crise à laquelle nous sommes confrontés est en réalité une opportunité unique […] pour nous attaquer aux racines de notre système alimentaire injuste », a ajouté le pape argentin.