(Washington) Des policiers ont décrit mardi avec émotion la violence physique et verbale de l’assaut du 6 janvier contre le Capitole, racontant à une commission d’enquête du Congrès comment ils ont craint pour leur vie face aux partisans de l’ex-président Donald Trump.

Agence France-Presse

Le policier du Capitole Aquilino Gonell, un ancien militaire ayant combattu en Irak, a raconté que les blessures subites sous les coups des attaquants lui avaient valu de multiples blessures ayant nécessité plusieurs opérations chirurgicales.

« Bataille du moyen âge »

« En Irak, nous nous attendions à la violence armée, parce que nous étions dans une zone de guerre. Avec mon expérience dans l’armée et les services de sécurité, rien ne m’avait préparé à ce à quoi nous avons été confrontés le 6 janvier », a-t-il dit.

PHOTO OLIVER CONTRERAS, THE NEW YORK TIMES VIA ASSOCIATED PRESS

Le sergent de la police du Capitole Aquilino Gonell, un ancien militaire ayant combattu en Irak, a raconté que les blessures subies sous les coups des attaquants lui avaient valu de multiples blessures ayant nécessité plusieurs opérations chirurgicales.

C’était « comme une bataille du moyen âge. On a lutté au corps à corps, pouce par pouce pour empêcher l’invasion », a décrit Aquilino Gonell. « J’ai pensé que j’allais mourir comme ça », a-t-il confié en essuyant des larmes.

J’ai failli mourir ce jour-là. Pas une fois, mais plusieurs fois ».

Le policier du Capitole Aquilino Gonell

Michael Fanone, de la police municipale de Washington, a qualifié l’assaut, mené pour empêcher les élus de certifier la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle, de « brutal ».

« Écusson arraché »

« J’ai été attrapé, battu », visé par un pistolet électrique Taser, a-t-il raconté. « On m’a traité de traître à ma patrie ».

À un moment, on m’a entraîné à l’écart des autres agents, au milieu de la foule », a-t-il ajouté. « Ils m’ont arraché mon écusson […], ils ont pris mes munitions. Ils ont commencé à me frapper à coups de poing et avec ce qui ressemblait à des objets en métal ».

Michael Fanone, de la police municipale de Washington

PHOTO JIM BOURG, REUTERS

Le policier du Capitole Michael Fanone a dénoncé les tentatives de certains élus républicains de minimiser la gravité de cet assaut. « L’indifférence témoignée à mes collègues est honteuse ! », a-t-il lancé en tapant du point sur la table.

Un attaquant « s’est jeté sur moi à plusieurs reprises et a essayé de me prendre mon arme. J’ai entendu des gens crier dans la foule : prenez-lui son arme et tuez-le avec son arme », a-t-il poursuivi.

Le parti républicain dénoncé

Michael Fanone, qui a subi un arrêt cardiaque et un traumatisme crânien lors de l’assaut, a dénoncé les tentatives de certains élus républicains de minimiser la gravité de cet assaut. « L’indifférence témoignée à mes collègues est honteuse ! », a-t-il lancé en tapant du point sur la table.

Le policier du Capitole Daniel Hodges, qui avait été filmé hurlant de douleur, coincé par les attaquants contre une porte, les a qualifiés de « terroristes ».

PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, ASSOCIATED PRESS

Le policier du Capitole Daniel Hodges, qui avait été filmé hurlant de douleur, coincé par les attaquants contre une porte, les a qualifiés de « terroristes ».

« Les terroristes avaient un mur de boucliers qu’ils avaient volés à des policiers, ainsi que des matraques volées », a-t-il raconté.

Un homme a alors lancé un bouclier contre lui.

Mes bras étaient immobilisés […], j’étais sans défense. « Devant moi, un homme voit qu’il peut profiter de ma vulnérabilité, il a agrippé mon masque à gaz et l’a utilisé pour frapper ma tête contre la porte ».

Le policier du Capitole Daniel Hodges

« L’homme en face de moi a arraché ma matraque », a-t-il ajouté. « Il m’a frappé avec sur le crâne et sur le visage, il m’a ouvert la lèvre et il m’a encore frappé sur le crâne. […] J’ai fait la seule chose possible, j’ai appelé à l’aide. »

Insultes racistes

L’Afro-Américain Harry Dunn a raconté que la foule l’avait menacé à cause de la couleur de sa peau, ce qui l’a traumatisé, de même que les autres policiers de couleur responsables de la sécurité du Capitole.

« Jusque là, je n’avais jamais vu personne attaquer physiquement un policier du Capitole ou un policier municipal, encore moins une foule attaquer des policiers », a-t-il dit.

PHOTO ANDREW HARNIK, ASSOCIATED PRESS

L’Afro-Américain Harry Dunn a raconté que la foule l’avait menacé à cause de la couleur de sa peau, ce qui l’a traumatisé, de même que les autres policiers de couleur responsables de la sécurité du Capitole.

« J’ai vu les émeutiers utiliser toutes sortes d’armes contre les policiers, y compris des piquets, des râteliers à vélos qu’ils avaient démontés et toutes sortes de projectiles ».

Il a raconté comment une vingtaine de personnes l’avaient encerclé avant de le traiter de l’épithète qui représente la plus grave insulte raciste pour les noirs : « Jamais, jamais personne ne m’avait encore traité de nigger alors que je portais l’uniforme d’officier de police du Capitole ».

« Il ne faut plus jamais permettre à notre démocratie de se retrouver aussi menacée qu’elle ne l’a été le 6 janvier », a-t-il ajouté.