Les frontières américaines restent fermées aux voyageurs internationaux, a annoncé lundi la Maison-Blanche en invoquant la propagation rapide du variant Delta.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse
Agence France-Presse

« Nous maintenons à ce stade-ci les restrictions existantes aux voyages », a dit la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki, justifiant cette décision en particulier par la propagation rapide du variant Delta « ici et à l’étranger ».

« Compte tenu de leur épidémiologie et de leur vaccination, je comprends qu’ils aient décidé de garder leurs frontières fermées, comme le Canada l’a fait quand on était dans la même situation », indique Nathalie Grandvaux, chercheuse au laboratoire de recherche sur la réponse de l’hôte aux infections virales du CHUM.

La décision survient après que les États-Unis ont prolongé, la semaine dernière, une interdiction distincte touchant le passage à leurs frontières terrestres avec le Canada et le Mexique.

Rappelons que le Canada a décidé de rouvrir ses propres frontières aux Américains à partir du 9 août, à condition que les voyageurs soient vaccinés contre la COVID-19.

« C’est assez sécuritaire. Les seules personnes qui peuvent venir, ce sont les personnes doublement vaccinées et qui ont eu un test trois jours avant et trois jours après, donc ça devrait être correct », suppose André Veillette, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Washington avait annoncé début juin la constitution de groupes de travail avec le Canada, le Mexique, l’Union européenne et le Royaume-Uni pour se pencher sur la question des voyages internationaux, laissant espérer un assouplissement des restrictions.

Non seulement cela n’aura pas lieu, mais en plus, les États-Unis multiplient les avertissements à leurs ressortissants tentés de voyager à l’étranger.

Le variant Delta inquiète

Cette décision des États-Unis reflète les inquiétudes des responsables de la Santé publique, qui craignent que le variant Delta, plus contagieux, ne fasse de plus en plus de ravages dans les États à faible taux de vaccination.

« L’épidémiologie aux États-Unis n’est pas très bonne. Ils ont une campagne de vaccination qui stagne beaucoup et ils ont beaucoup de personnes non vaccinées », soutient Mme Grandvaux.

On voit que le Delta fait des percées dans plusieurs États.

Nathalie Grandvaux, chercheuse

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis indiquent que la moyenne sur sept jours des nouveaux cas quotidiens a été de 47 % plus élevée la semaine dernière que la semaine précédente.

Les CDC précisent également que le variant Delta est responsable de 83 % de tous les nouveaux cas aux États-Unis, dont la grande majorité ont été détectés parmi les non-vaccinés. À l’heure actuelle, 57 % des résidants américains admissibles sont entièrement vaccinés.

Le président Joe Biden et son administration, ainsi qu’un nombre grandissant de responsables politiques de l’opposition, multiplient les appels pour relancer un processus de vaccination qui a ralenti pendant l’été.

Avec La Presse Canadienne