(Washington) Un juge fédéral a bloqué mercredi l’entrée en vigueur d’une loi de l’Arkansas visant à interdire aux mineurs transgenres l’accès à des traitements hormonaux ou à des opérations chirurgicales.

Agence France-Presse

Saisi en urgence par quatre jeunes transgenres, leurs parents et deux médecins, le magistrat James Moody Jr a, à l’issue d’une audience à Little Rock, suspendu la loi en attendant un débat de fond.

« On va se battre contre cette loi aussi longtemps qu’il le faudra pour s’assurer qu’aucun jeune en Arkansas n’ait à craindre de perdre l’accès aux soins », a déclaré à l’issue de l’audience Chase Strangio, de la puissante association de défense des droits civiques ACLU qui représentait les plaignants.

La loi, qui devait entrer en vigueur le 28 juillet, interdit à tout membre du corps médical de fournir des traitements aux mineurs qui ne se reconnaissent pas dans leur sexe biologique, ou de les adresser à d’autres spécialistes.

Pour l’adopter, les élus de cet État du sud, longé par le Mississippi et connu pour son conservatisme chrétien, avaient outrepassé le veto du gouverneur Asa Hutchinson qui voyait dans le texte « une trop grande ingérence des autorités » dans la santé des individus.

Ses auteurs assuraient vouloir protéger les jeunes de choix qu’ils seraient susceptibles de regretter ultérieurement, même si les traitements hormonaux — dont les bloqueurs de puberté — sont réputés être souvent réversibles.

Pour ses détracteurs, la mesure s’inscrit dans une offensive des conservateurs contre les personnes transgenres, et aurait privé ces jeunes de soins qui leur permettent de s’épanouir.  

« Nous avons vu de nos yeux les bénéfices de ces soins. Nos enfants souffrent, mais avec ces traitements, ils ont retrouvé un niveau d’espoir et de bonheur que nous ne connaissions pas », a commenté après l’audience Joanna Brandt, son fils Dylan à ses côtés.