(Washington) Washington a assuré vendredi travailler avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour permettre une « distribution équitable » des vaccins contre la COVID-19, selon un responsable américain du Commerce, sans aller jusqu’à prendre position sur la question de la levée des brevets.

Agence France-Presse

« Nous travaillons avec nos partenaires internationaux pour étudier des manières pragmatiques et efficaces d’augmenter la production et la distribution équitable des vaccins », a indiqué un responsable des services de la représentante américaine au Commerce (USTR) à des journalistes.

Il n’a toutefois pas précisé la position américaine quant à la levée temporaire des brevets sur les vaccins, réclamée par l’Inde et l’Afrique du Sud pour pouvoir accélérer la production.

La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki avait indiqué mardi que l’administration devait encore « évaluer s’il était plus efficace de fabriquer (le vaccin) ici pour le distribuer ensuite aux autres pays ou si la levée de la propriété intellectuelle est une option ».  

« L’USTR n’a pas encore fait de recommandations et le président n’a pas pris de décisions », avait-elle alors ajouté.

La représentante américaine au Commerce Katherine Tai s’est récemment entretenu avec des responsables des laboratoires pharmaceutiques Moderna, Pfizer, AstraZeneca et Johnson & Johnson.

Ceux qui s’opposent à la levée temporaire des droits sur les vaccins craignent que les laboratoires soient découragés par la perspective de retours sur investissement bridés, ce qui a poussé la directrice de l’OMC Ngozi Okonjo-Iweala à chercher une « troisième voie ».

La puissante Chambre de commerce américaine a ainsi mis en garde contre « la croyance erronée selon laquelle les droits de propriété intellectuelle peuvent être une barrière à l’accès aux vaccins contre la COVID-19 ».

« Les droits de propriété intellectuelle aident-ils n’entravent pas-l’accès à l’innovation en permettant des investissements à long terme », a déclaré son vice-président Patrick Kilbride, vendredi dans un communiqué.

Sur les plus de 835 millions de doses qui avaient été administrées dans le monde au 15 avril, 48 % l’avaient été dans les pays riches, contre seulement 0,1 % dans les 29 pays les plus pauvres, selon les calculs de l’AFP.

« La priorité des États-Unis est de sauver des vies et de mettre fin à la pandémie », a ajouté le responsable de l’USTR, mettant en avant l’« engagement » des États-Unis, annoncé en février, à injecter 4 milliards de dollars dans le programme Covax.

Ce partenariat public-privé entre l’OMS, l’Alliance du Vaccin (Gavi) et la Cepi (Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies), doit garantir une distribution équitable de vaccins anti-COVID-19 en particulier à 92 pays pauvres.