(Washington) Les Américains vaccinés contre la COVID-19 n’ont plus besoin de porter de masque à l'extérieur, sauf lorsqu’ils se trouvent dans des foules, ont annoncé mardi les autorités sanitaires, marquant un nouveau pas vers un progressif retour à la normale aux États-Unis.

Lucie AUBOURG Agence France-Presse

« Si vous êtes entièrement vaccinés et que vous voulez participer à un petit rassemblement avec des gens qui sont vaccinés et non vaccinés, ou souper à un restaurant à l'extérieur […] les données scientifiques montrent que vous pouvez le faire en toute sécurité, sans masque », a déclaré Rochelle Walensky la directrice des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique.

« En revanche, nous continuons à recommander le port du masque dans des endroits à l'extérieur très fréquentés, comme des stades pleins ou des concerts », a-t-elle ajouté lors d’un point de presse.  

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La directrice des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Rochelle Walensky.

Elle a justifié cette exception par le fait que dans ces situations, beaucoup de personnes non vaccinées, et potentiellement à risque de développer une forme grave de la COVID-19, peuvent être présentes.

À l'intérieur, les autorités sanitaires estiment par ailleurs que pour les personnes vaccinées, participer à des activités comme une chorale, un office religieux, aller au cinéma ou encore au musée, ne présente pas de risque si elles continuent à porter un masque.

Enfin, les personnes non vaccinées peuvent également se promener, courir ou faire du vélo avec des membres de leur foyer, sans porter de masque, disent les CDC.

« C’est très simple : si vous êtes vacciné, vous pouvez faire plus de choses, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur », a déclaré le président Joe Biden mardi, louant les « progrès extraordinaires » réalisés aux États-Unis ces derniers mois face à la pandémie de COVID-19.

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Le président américain Joe Biden

95,8 millions de vaccinés

Une personne est considérée totalement vaccinée deux semaines après l’injection du vaccin (de la deuxième dose pour ceux s’administrant en deux piqures).  

C’est le cas d’au moins 95,8 millions de personnes aux États-Unis, soit près de 30 % de la population ayant reçu la ou les doses nécessaires de l’un des trois vaccins autorisés dans le pays (Pfizer/BioNtech, Moderna ou Johnson & Johnson).

Les autorités sanitaires ont mis à jour leurs recommandations en fonction des nouvelles annonces.  

Aux États-Unis, les restrictions varient selon les États, et certains avaient mis en place des règles strictes imposant le port du masque partout hors de chez soi, même sans personne autour. Ces États devraient désormais faire évoluer ces obligations, même s’ils n’y sont pas absolument tenus.

C’est par exemple le cas du Massachusetts, où le gouverneur a annoncé mardi qu’il lèverait l’obligation du port du masque en extérieur lorsque la distanciation physique est possible.

Politisation

Les autorités sanitaires avaient commencé à recommander à tous les Américains, c’est-à-dire y compris ceux n’étant pas malades, de porter des masques à partir de début avril 2020, soit il y a un peu plus d’un an.

Le port du masque est rapidement devenu une question hautement politisée aux États-Unis, où les conservateurs, sous l’impulsion de Donald Trump, y voient un affront à leur liberté individuelle. Les progressistes considèrent eux généralement que le masque est aussi une façon de montrer qu’ils prennent au sérieux le virus, et leur solidarité en temps de crise.

Il est désormais largement considéré que la transmission de la COVID-19 se fait majoritairement par voie aérienne, non seulement par les gouttelettes émises lorsque l’on tousse où que l’on éternue, mais également via de fines particules qui restent en suspension dans l’air et qui peuvent être émises simplement en parlant, voire en respirant.

Pour cette raison, se trouver dans une pièce à l’intérieur est plus risqué qu’à l’extérieur, car l’air y est alors comme emprisonné, notamment lorsqu’elle n’est pas aérée.   

Plusieurs études ont renforcé cette idée, en montrant que la vaste majorité des contaminations se produisent lors d’un contact en intérieur avec une personne infectée.