(Los Angeles) Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a reconnu mardi « être inquiet » de la pétition lancée pour demander sa révocation, une procédure prévue par la loi californienne et qui a des chances selon lui d’obtenir prochainement les signatures requises pour la première étape.

Agence France-Presse

Comme vingt autres États américains, la Californie autorise des électeurs à organiser un « scrutin de rappel » pour remplacer le gouverneur. Pour cela, il leur faut réunir les signatures d’au moins 12 % des votants de la précédente élection, soit en l’occurrence près de 1,5 million.

Or les organisateurs de cette initiative, lancée l’an dernier et alimentée notamment par le mécontentement sur la gestion de la pandémie et les mesures de confinement décrétées par M. Newsom, ont affirmé récemment avoir collecté près de deux millions de signatures.

Élus au suffrage universel, les gouverneurs sont les chefs de l’exécutif dans les États. Ils disposent d’importants pouvoirs budgétaires, ainsi que sur les législations locales.

La pétition s’achève officiellement mercredi et les responsables électoraux doivent encore valider ces signatures. Mais les observateurs estiment qu’ils atteindront le seuil requis pour déclencher l’étape suivante de la procédure : un référendum par lequel les Californiens seront invités à dire s’ils veulent oui ou non révoquer Gavin Newsom et par qui ils souhaitent le remplacer.

M. Newsom lui-même s’attend désormais à une telle éventualité. « Ça fait 25 mois que je suis en poste. Et en seulement 25 mois, il y a eu six tentatives d’organiser un scrutin de rappel. Celui-ci semble avoir le nombre de signatures requis », a-t-il déploré mardi dans l’émission The View de la chaîne ABC.

« Je suis inquiet… nous prenons ça au sérieux », a lancé le gouverneur. Cette initiative, à laquelle sont associés selon lui des militants de l’extrême droite conspirationniste QAnon, vise davantage à combattre les « valeurs du Parti démocrate » sur l’immigration, le changement climatique ou la peine de mort que sa propre personne, dit Gavin Newsom.

Parmi les initiateurs de ce rappel figurent des partisans de l’ancien président Donald Trump, ralliés depuis par le Parti républicain et un certain nombre de richissimes conservateurs qui ont financé la pétition.

Un tel référendum révocatoire a déjà été fatal à un gouverneur démocrate en Californie.

En 2003, Gray Davis, devenu très impopulaire après une pénurie d’électricité et la signature de lois de limitation des armes individuelles, avait été chassé et remplacé par une célébrité républicaine : Arnold Schwarzenegger.