(Washington) C’est un garde distrait par ses problèmes personnels qui a permis à un intrus de pénétrer le mois dernier sur la base militaire qui abrite l’avion présidentiel Air Force One, selon l’enquête interne de l’US Air Force rendue publique jeudi.

Agence France-Presse

L’individu, dont l’identité n’a pas été révélée, a passé plus de cinq heures sur la base militaire d’Andrews, près de Washington.

Trahi par sa tuque rose à pompons

Il est monté à bord d’un avion officiel et il a été interpellé seulement parce qu’il portait une tuque rose à pompons, a indiqué à la presse l’inspecteur général de l’US Air Force, Sami Said.

L’enquête sur cet incident, qui s’est déroulé le 4 février, a révélé une chaîne d’erreurs après l’effraction initiale.  

C’est sur la base d’Andrews, qui accueille les dignitaires étrangers en visite à Washington, que sont stationnés les avions officiels américains, notamment l’avion présidentiel Air Force One. Les mesures de sécurité y sont donc particulièrement strictes et les entrées sont filtrées par des gardes qui vérifient les identités de chaque personne.

Or ce jour-là, un garde qui s’est dit « distrait par des problèmes personnels » n’a pas vérifié les papiers de l’homme arrivé en voiture à l’une des entrées de la base réservée au personnel, selon l’inspecteur général.

L’individu a ensuite erré sur la base pendant plusieurs heures, en voiture puis à pied, avant de se retrouver dans l’aérogare réservée aux visiteurs de marque. Quand on lui a demandé ce qu’il faisait là, il est parti et s’est dirigé vers le tarmac, qui aurait dû être protégé par des portes grillagées.

Mais justement ce jour-là, une porte fermait mal et il a réussi à se glisser dans l’ouverture. Il a ensuite marché sur le tarmac jusqu’à un appareil C-40, version militaire du Boeing 737, où se trouvaient des membres d’équipage en formation.

PHOTO MARINE AMÉRICAINE

Un appareil C-40, version militaire du Boeing 737.

Ceux-ci, pensant qu’il s’agissait d’une personne autorisée, ne lui ont pas posé de question. Il est resté quelques minutes à bord avant de repartir et ce n’est qu’à sa descente de l’avion qu’il a été interpellé, une aviatrice ayant trouvé suspect de voir un individu coiffé d’une tuque rose à pompons déambuler sur la base.

Bien que ses faits et gestes n’aient pu être établis pendant plusieurs heures, l’inspecteur général s’est dit sûr « à 100 % » que l’homme n’a jamais pu s’approcher d’Air Force One.  

« Physiquement, c’était très loin, mais surtout les contrôles de sécurité que cet individu aurait eu à franchir avant de s’approcher de l’avion présidentiel sont tels qu’il est impossible qu’il ait pu les franchir », a-t-il assuré. « Cette zone est exceptionnellement sûre ».

L’homme, qui n’avait aucune intention agressive, est poursuivi pour entrée illégale sur la base. Le garde distrait a été sanctionné, a indiqué l’inspecteur général sans préciser la nature de la sanction.