(Washington) Le projet de loi du président Joe Biden sur l’immigration, qui vise à ouvrir la voie à la naturalisation de 11 millions d’immigrants en situation irrégulière, va être dévoilé jeudi et mis sur les rails législatifs, ont annoncé de hauts responsables à la Maison-Blanche.

Publié le 18 févr. 2021
Agence France-Presse

« C’était un engagement du président depuis le premier jour, et c’est sa vision de ce qu’il faut pour corriger le système », a déclaré un haut responsable de l’administration aux journalistes.

Deux élus démocrates, Linda Sanchez et Bob Menendez, vont présenter l’initiative respectivement devant le Sénat et la Chambre des représentants.

Le projet de loi prévoit d’ouvrir la voie vers la citoyenneté américaine à près de 11 millions de personnes en situation irrégulière, qui peuvent prouver qu’ils se trouvaient aux États-Unis le 1er janvier 2021.

La réforme va également profiter aux « Dreamers », ces quelque 700 000 jeunes adultes entrés clandestinement aux États-Unis pendant leur enfance et qui y ont toujours vécu depuis.

Le nouveau ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas, qui fut ministre adjoint de la Sécurité intérieure sous le président Barack Obama, avait mis en œuvre le programme DACA destiné à protéger ces « Dreamers » de l’expulsion.  

Mais Donald Trump, qui avait fait de la lutte contre l’immigration illégale un des marqueurs de sa présidence, l’avait annulé dès 2017, ouvrant une période de grande incertitude pour ces jeunes.

Les personnes jouissant du statut de protection temporaire, qui empêche la déportation des citoyens de pays affectés par les désastres naturels ou les conflits, et les travailleurs agricoles qui peuvent prouver qu’ils sont employés aux États-Unis, pourront également obtenir un titre de résidence permanente.

Le gouvernement Biden a pris dès son premier jour le contrepied de mesures migratoires ultra-controversées de l’ère Trump. Le nouveau président démocrate a notamment annulé le décret qui interdisait aux ressortissants de pays en majorité musulmans (Iran, Libye, Somalie, Syrie et Yémen) d’entrer aux États-Unis.  

Dès cette semaine, il va également mettre un terme à la politique migratoire controversée de Donald Trump qui consistait à renvoyer les demandeurs d’asile au Mexique pendant l’examen de leur dossier.  

Cette politique, mise en œuvre en 2019, ne s’appliquait pas aux Mexicains, mais forçait les demandeurs d’asile arrivés aux États-Unis via le Mexique d’y rester le temps que leur requête soit instruite. Elle avait été très critiquée par les associations de défense des droits civiques.  Au moins 70 000 demandeurs d’asile, la plupart originaires d’Amérique centrale, ont été renvoyés vers le Mexique dans le cadre de ce programme, créant une crise humanitaire.