(New York) Ghislaine Maxwell, l’ex-collaboratrice de Jeffrey Epstein inculpée aux États-Unis pour trafic de mineures, a subi des « violences physiques » lors d’une récente fouille dans sa cellule, a affirmé mardi son avocate, dans une lettre à la juge en charge du dossier.

Agence France-Presse

Selon l’avocate, Bobbi Sternheim, Ghislaine Maxwell est « à la merci d’un groupe de gardiens », qui lui ont récemment fait subir « des violences physiques » à l’occasion d’une fouille corporelle sommaire dans sa cellule de la prison fédérale de Brooklyn, à New York. L’avocate ne donne pas de détails précis sur ces « violences ».

Lorsque Ghislaine Maxwell, âgée de 59 ans, a indiqué son intention de signaler l’incident, « les gardiens l’ont menacée de sanction disciplinaire », affirme l’avocate. Et une semaine plus tard, la même équipe de gardiens lui a « ordonné de nettoyer sa douche, de la désinfecter et d’en frotter les murs avec un balai », en représailles, selon Mme Sternheim.

L’avocate ne cesse de dénoncer les conditions de détention imposées à cette femme de 59 ans, issue de la jet-set, fille du défunt magnat des médias britanniques Robert Maxwell.

Elle estime qu’elle est soumise à une surveillance exagérée – avec notamment une lampe qui balaie le plafond de sa cellule toutes les 15 minutes, de 21 h 30 à 6 h 30 – en raison de risques de suicide présumés.

Le financier Jeffrey Epstein, accusé d’avoir agressé sexuellement des dizaines de mineures dans ses luxueuses résidences, a été retrouvé mort pendu dans sa cellule en août 2019. L’enquête a conclu à un suicide et à des dysfonctionnements dans le fonctionnement des gardiens chargés de sa surveillance dans la prison de Manhattan où il était incarcéré.

Interpellée dans le New Hampshire en juillet 2020, après plusieurs mois de cavale, Ghislaine Maxwell est soupçonnée d’avoir recruté pour lui des adolescentes dans plusieurs villes du monde.

Fin décembre dernier, la juge fédérale Alison Nathan avait rejeté une nouvelle demande de remise en liberté, malgré une proposition de caution totalisant quelque 28 millions de dollars. Son procès est prévu pour débuter en juillet 2021.

Ghislaine Maxwell devra répondre de six chefs d’accusation, dont trafic de mineures, et incitation à la prostitution, sur une période allant de 1994 à 1997, et d’avoir menti sous serment en 2016 dans le cadre d’une procédure civile. Elle risque la prison à vie en cas de condamnation.