(Washington) Le prochain ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, s’est engagé mardi à lutter contre l’extrémisme au sein de l’armée américaine, après la participation de militaires en civil dans l’assaut contre le Capitole par des partisans du président sortant Donald Trump.

Agence France-Presse

« Les activités auxquelles nous avons assisté récemment dans nos rangs, en termes de comportements potentiellement racistes ou extrémistes, sont à mon avis absolument inacceptables », a déclaré M. Austin, 67 ans, choisi par le président désigné Joe Biden pour devenir le premier Afro-Américain à diriger le Pentagone.

« Je ferai tout pour débarrasser nos rangs des racistes et des extrémistes », a-t-il assuré devant la commission des Forces armées du Sénat, alors que 12 soldats de la Garde nationale américaine ont été écartés du dispositif de sécurité de la cérémonie d’investiture de Joe Biden dans le cadre d’une procédure de recherche d’éventuels liens avec des groupes extrémistes.  

« La tâche du ministère de la Défense est de protéger l’Amérique de nos ennemis, mais nous ne pouvons pas la mener à bien si certains de ces ennemis se cachent dans nos rangs », a poursuivi l’ex-général de l’armée de Terre, dont la nomination doit encore être confirmée par les sénateurs.

Alors qu’on lui demandait de citer la principale menace à laquelle les États-Unis sont confrontés, M. Austin a cité la pandémie de COVID-19, devant la Chine.  

« Elle a tué plus de 400 000 Américains. Ce sont tout simplement des pertes incroyables », a-t-il noté, estimant que le Pentagone pourrait en faire davantage pour lutter contre la maladie.

Mais « la Chine est notre problème le plus difficile […] et le plus complexe », a-t-il ajouté, soulignant que les États-Unis voulaient dissuader Pékin militairement, mais coopérer avec la Chine économiquement.

M. Austin est généralement resté vague sur ses projets à la tête de l’armée américaine, mais dans des réponses écrites soumises aux élus, il a précisé avoir l’intention de réexaminer les retraits militaires d’Allemagne et de Somalie voulus par Donald Trump.

Il a soutenu en revanche le retrait d’Afghanistan. « Je voudrais voir ce conflit s’achever avec un règlement négocié », a-t-il dit aux sénateurs, jugeant que « se focaliser sur les opérations antiterroristes à l’avenir serait utile ».

Questionné sur l’Iran, avec lequel Joe Biden a fait savoir qu’il voudrait reprendre le dialogue, M. Austin a estimé que Téhéran restait » un élément déstabilisateur dans la région « et qu’il serait donc dangereux que le régime ait accès à l’arme nucléaire.