(Paris) Particulièrement friand des réseaux sociaux, Twitter en tête, Donald Trump a perdu son moyen de communication favori après l’attaque du Capitole, mais d’autres plateformes ont également suspendu le compte du président américain, accusé d’avoir chauffé à blanc ses partisans en continuant à contester les résultats de l’élection présidentielle.

Agence France-Presse

Le point sur sa présence sur les réseaux sociaux :

Facebook (35,3 millions d’abonnés) et Instagram (24,6 millions)

Les deux réseaux, qui appartiennent au groupe Facebook, ont d’abord suspendu temporairement les comptes de Donald Trump juste après l’attaque à Washington, avant de prolonger cette mesure pour une durée indéterminée le lendemain, au moins jusqu’à la transition du 20 janvier, lorsque le démocrate Joe Biden prendra officiellement ses fonctions à la Maison-Blanche.

« Nous pensons que permettre au président de continuer à utiliser nos services pendant cette période pose des risques trop grands », s’est justifié sur son compte Facebook Mark Zuckerberg, PDG du groupe.

« Notre interdiction est à durée illimitée. Nous avons dit qu’elle durerait au moins jusqu’à la transition présidentielle, mais nous n’avons pas l’intention de la lever », a déclaré la numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg,  lundi lors d’un forum en ligne organisé par l’agence Reuters.

Twitter (88,8 millions d’abonnés)

Canal de communication le plus utilisé par le 45e président américain, qui passait presque exclusivement par son compte personnel et non celui réservé au président américain, Twitter a suspendu indéfiniment le compte @realDonaldTrump vendredi, privant le milliardaire d’un accès à ses quelque 89 millions d’abonnés.

« Après examen approfondi des tweets récents de @realDonaldTrump et du contexte actuel - notamment comment ils sont interprétés […] - nous avons suspendu le compte indéfiniment à cause du risque de nouvelles incitations à la violence » de la part du président américain sortant, a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

Le réseau des gazouillis, qui est la plateforme où Donald Trump comptait le plus d’abonnés, avait déjà durci ses mesures de rétorsion auparavant, en supprimant plusieurs messages du chef d’État, au lieu de simplement les masquer avec des notes d’avertissement.

YouTube (2,7 millions d’abonnés)

La plateforme de partage de vidéos a suspendu mardi pour « au moins sept jours » la chaîne du président américain et en a supprimé une vidéo pour motif de violation de sa politique luttant contre l’incitation à la violence.

Plusieurs vidéos contestant les résultats du scrutin avaient déjà été retirées par le site, propriété de Google.

La politique de YouTube sur ce type de désinformation a également été durcie : « les chaînes qui reçoivent trois avertissements en 90 jours seront retirées de façon permanente », a prévenu YouTube, qui compte désactiver « indéfiniment les commentaires » sur la chaîne Trump pour des raisons de sécurité.

Snapchat (2 millions d’abonnés)

Le réseau social très apprécié par les jeunes générations pour ses envois de contenus éphémères a bloqué le profil du président sortant jeudi.

En juin, son PDG Evan Spiegel avait déjà semblé adresser - sans le mentionner - un premier avertissement en filigrane à Donald Trump, au moment des manifestations du mouvement « Black Lives Matter ».

« Nous continuons à autoriser des personnes clivantes à conserver un compte sur Snapchat, tant que le contenu publié respecte nos conditions d’utilisation, mais nous ne promouvrons pas ce compte ou son contenu », écrivait-il, alors que la plateforme dispose d’un espace « Discover » pour mettre en avant du contenu qu’elle a choisi.

Twitch (152 000 abonnés)

La plateforme de diffusion de vidéos, propriété du géant du cybercommerce Amazon et très prisée des « gamers » pour y diffuser leurs parties en direct, a pris elle aussi la décision de suspendre le compte du président des États-Unis jeudi.

« Au regard des circonstances exceptionnelles et de la rhétorique incendiaire du président, nous croyons qu’il s’agit d’une mesure nécessaire pour protéger notre communauté et empêcher Twitch d’être utilisé pour inciter à davantage de violences », a fait valoir le réseau dans un communiqué aux médias américains.

Il prévoit lui aussi de réévaluer sa position après la transition du 20 janvier.