Alors que trois élus du Congrès américain ont déclaré avoir contracté la COVID-19, la possibilité d’une éclosion causée par l’assaut du Capitole prend forme. De son côté, le secrétaire d’État à la Santé modifie le processus de vaccination tandis que Washington emboîtera le pas à Ottawa en exigeant des voyageurs un test négatif. Tour d’horizon.

Judith Lachapelle
Judith Lachapelle La Presse

Trois représentants du Congrès américain contractent le virus

« Aujourd’hui, je suis en isolement strict, inquiet d’avoir mis en danger la santé de ma femme, et en colère contre l’égoïsme et l’arrogance des antimasques qui ont placé leur mépris et leur condescendance pour la décence devant la santé et la sécurité de leurs collègues et de notre personnel. » Brad Schneider, représentant de l’Illinois au Congrès américain, a révélé mardi avoir été déclaré positif à la COVID-19. Comme deux autres représentants démocrates des États de Washington et du New Jersey qui ont aussi attrapé le virus, il a blâmé mardi un groupe de représentants républicains qui avaient refusé de porter le masque lorsqu’ils étaient tous enfermés pour se protéger de l’assaut contre le Capitole, mercredi dernier. Un représentant républicain du Tennessee, Chuck Fleischmann, a d’ailleurs appris ce jour-là qu’il avait été exposé au virus quand son collègue de la Floride, qui partage son bureau, a reçu un diagnostic positif – Fleischmann a lui-même reçu une confirmation positive dimanche.

Refus de porter le masque

La démocrate Pramila Japayal, de Washington, a révélé sur Twitter que, lors du siège du Capitole, « plusieurs républicains ont non seulement cruellement refusé de porter un masque, mais se sont à plusieurs reprises moqués des collègues et des employés qui leur en offraient un ». Dans une vidéo publiée sur Twitter samedi, une représentante démocrate du Delaware est vue en train d’offrir un masque à des représentants républicains de la Géorgie, de l’Oklahoma, de l’Arizona, de la Pennsylvanie, du Texas et de la Californie alors qu’ils sont enfermés dans la même pièce. Tous refusent le masque. Vendredi, le directeur des Centers for Disease Control and Prevention s’est dit d’avis qu’il fallait s’attendre à ce que l’émeute du Capitole ait engendré une éclosion. « Vous aviez là des individus majoritairement non masqués, qui se déplacent à distance non sécuritaire, dans tout le Capitole », a dit le DRobert Redfield.

Volte-face de l’administration Trump : tous les vaccins doivent être distribués

Vendredi dernier, les autorités sanitaires américaines critiquaient l’intention du président désigné Joe Biden de distribuer dès que possible toutes les doses de vaccin disponibles, sans garder de réserves pour la seconde dose. Une décision « prématurée », ont déclaré les dirigeants de la Food and Drug Administration, qui ne repose pas « solidement » sur des preuves scientifiques. Le secrétaire d’État à la Santé Alex Azar avait accusé M. Biden de vouloir fragiliser le système qui garde en réserve la seconde dose du vaccin prévue 21 ou 28 jours après la première (selon le fabricant). Quatre jours plus tard, M. Azar fait une volte-face : les États devront distribuer tous les vaccins disponibles aux personnes âgées de 65 ans et plus, particulièrement celles souffrant d’états de santé à risque (diabète, maladie pulmonaire ou cardiaque, hypertension artérielle, cancer). Ni l’équipe de M. Biden ni celle du gouvernement en place n’a évoqué la possibilité d’allonger l’intervalle prévu entre les deux doses, les deux se disant persuadées que l’augmentation de l’approvisionnement ne justifiait plus de garder des doses en réserve.

Les États-Unis aussi exigeront un test des voyageurs

D’ici la mi-février, les États-Unis exigeront que tous les voyageurs, y compris leurs citoyens, présentent une preuve de dépistage négatif avant de monter dans un avion à destination du pays. Depuis le 28 décembre, les voyageurs arrivant de Grande-Bretagne (où un variant de la COVID-19 plus contagieux a été détecté) doivent se soumettre à cette exigence. Certains États demandent également à ceux qui viennent y séjourner de détenir une preuve de dépistage réalisé 72 heures avant leur arrivée, mais peinent à faire respecter cette demande. Selon l’agence Reuters, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) pressent l’administration Trump depuis quelques semaines d’instaurer cette exigence. La mesure devrait être entérinée le 26 janvier (soit après l’investiture de Joe Biden) et entrerait en vigueur deux semaines plus tard.