(Washington) Après trois ans et onze mois de loyaux services, le vice-président Mike Pence se retrouvera mercredi au Congrès sous la pression de Donald Trump qui lui demande de s’opposer à la certification de sa défaite à l’élection du 3 novembre.  

Michael Mathes
Agence France-Presse

« J’espère que notre grand vice-président ne nous décevra pas », a lancé le président sortant en rassemblement en Géorgie lundi soir. « C’est un type formidable », a-t-il ajouté, « mais s’il nous déçoit, je l’aimerai moins ».

Mardi, il est revenu à la charge sur Twitter : « Le vice-président a le pouvoir de rejeter des grands électeurs choisis de manière frauduleuse », a-t-il assuré. À tort.

Mike Pence présidera bien la séance conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat qui doit officialiser, mercredi, le vote de 306 grands électeurs en faveur du démocrate Joe Biden contre 232 pour Donald Trump.

Mais, selon la Constitution, son rôle consiste à « ouvrir » les certificats envoyés par chacun des 50 États pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. Seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains États.  

Position délicate

Pour avoir le droit d’exprimer leurs objections, il faut qu’elles soient portées à l’écrit par au moins deux élus, un de la Chambre et un du Sénat.  

Dans ce cas, les parlementaires peuvent se retirer dans leurs chambres respectives pour en débattre pendant au maximum deux heures, avant de voter à la majorité simple.  

Il faut que l’objection soit adoptée dans les deux enceintes pour être retenue, ce qui compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre des représentants n’a aucune chance de se produire.

Malgré tout, le tweet de Donald Trump place son vice-président en position délicate.

D’une grande loyauté jusqu’ici, il doit éviter le courroux du président et de ses fervents supporteurs, s’il veut conserver ses chances de se présenter à la primaire républicaine pour la présidentielle de 2024.

Mais son rôle est « purement protocolaire », a rappelé le sénateur démocrate Chris Van Hollen. « Malgré les menaces de Trump », il « doit défendre la Constitution et confirmer le vote des électeurs », a-t-il estimé.

S’il se tient à ce rôle, à la fin du décompte, il devra annoncer le vainqueur de la présidence, mais aussi de la vice-présidence et admettre du même coup sa défaite face à la colistière de Joe Biden, Kamala Harris.