Le comté de Los Angeles est l’endroit le moins sûr des États-Unis au chapitre de la menace d’une catastrophe naturelle, selon un indice de l’agence américaine de gestion des urgences (FEMA).

Seth Borenstein
Associated Press

Elle a calculé les risques que survienne un des 18 types de désastres naturels comme des tremblements de terre, des ouragans, des tornades, des inondations, des volcans et même des tsunamis, pour chacun des 3000 comtés des États-Unis.

Si on n’est pas surpris de constater la présence de Los Angeles en tête de liste, la présence d’autres villes eh haut du classement peut étonner. Ainsi, les comtés de New York et de Philadelphie sont considérés plus à risque pour les tornades que ceux du Kansas et de l’Oklahoma.

Le comté vivant sous la plus grande menace d’une inondation est situé dans l’État de Washington. Fait étonnant, il ne donne pas sur l’océan, même si le fleuve qui le traverse est à marée.

Il faut dire que l’indice de la FEMA évalue la fréquence des catastrophes, le nombre de personnes et la quantité de biens en danger, la vulnérabilité sociale de la population et la capacité de la région à rebondir.

En conséquence, les risques sont plus élevés dans les grandes villes en raison de l’importance de la population pauvre et de l’existence de propriétés chères. Les comtés urbains sont souvent les plus mal préparés à affronter le genre de catastrophe survenant une fois par génération.

Mike Grimm, de la FEMA, explique que le degré de risque ne représente pas seulement la fréquence d’une catastrophe, mais la gravité du bilan humain qui en découlerait.

Exemple : les tornades. Deux comtés de New York, Philadelphie, Saint-Louis et le comté de Hudson, au New Jersey, figurent en haut du classement de FEMA. Le comté d’Oklahoma, dans l’État du même nom, où on a recensé plus de 120 tornades depuis 1950, dont une qui avait tué 36 personnes en 1999, n’est classé qu’au 120e rang.

« Si la fréquence des tornades dans les cinq premiers comtés est faible, les conséquences potentielles sont élevées à cause des propriétés qui y seraient exposées, signale Susan Cutter, la directrice de l’Institut de recherche sur les risques et la vulnérabilité de l’Université de Caroline du Sud. En conséquence, une petite tornade peut causer une perte importante en dollars. »

À New York, les gens sont beaucoup moins conscients des risques. Ils sont donc moins bien préparés, et cela représente un problème, dit M. Grimm. Le jour précédant sa déclaration, New York avait lancé une alerte à la tornade. Quelques jours plus tard, le Service national de météorologie mentionnait que plusieurs villes de la côte Est avaient subi en 2020 plus de tornades que Wichita au Kansas.

En général, si l’Oklahoma est deux fois plus susceptible d’avoir des tornades que New York, le potentiel de dommages est beaucoup plus élevé dans la Grosse Pomme, car il y a 20 fois plus de personnes et la valeur des propriétés y est environ 20 fois supérieure, font valoir des responsables de la FEMA.

« Il y a un danger à dire que cela ne nous arrivera pas, dit M. Grimm. Ce n’est pas parce que je n’en ai jamais vu de ma vie que cela n’arrivera pas. »

Ce type de déni est particulièrement vrai avec les inondations fréquentes et coûteuses, souligne-t-il. C’est la raison pour laquelle seulement 4 % de la population a contracté une assurance contre les inondations même si une personne sur trois en a besoin.

Les experts disent que les gens doivent penser à la grande catastrophe, celle qui ne se produit que quelques fois au maximum, mais qui est dévastatrice lorsqu’elle frappe. Par exemple : l’ouragan Katrina, la super tempête Sandy, les tornades de 2011, le tremblement de terre de 1906 à San Francisco ou une pandémie.

« Nous ne prenons pas au sérieux les risques qui n’arrivent que rarement, déplore David Ropeik, un professeur à la retraite de l’Université Harvard. Nous ne les craignons tout simplement pas autant que nous avons plutôt peur des choses qui sont plus présentes dans notre conscience, plus courantes. »

Le nouvel index de la FEMA « nous ouvre les yeux sur les écarts entre ce que nous ressentons et ce qui existe en réalité », dit-il.

En plus de Los Angeles, les 10 pires endroits aux États-Unis sont trois comtés de la région de New York (Bronx, Manhattan et Brooklyn), Miami, Philadelphie, Dallas, Saint-Louis, Riverside et le comté de San Bernardino, en Californie.

Selon la FEMA, le comté de Loudoun, situé dans la banlieue de Washington, est l’endroit le plus sûr. Trois autres comtés près de la capitale américaine ont le niveau de risque le moins élevé, tout comme la banlieue de Boston, Long Island, la banlieue de Detroit et Pittsburgh.