(Washington) Les États-Unis ont amorcé l’année 2021 en franchissant vendredi un nouveau seuil sinistre avec 20 millions de cas recensés de COVID-19, la flambée de l’épidémie ne donnant aucun signe de ralentissement.

Daxia ROJAS
Agence France-Presse

La première puissance mondiale déplore plus de 346 400 morts du coronavirus, ce qui en fait le pays le plus endeuillé au monde par l’épidémie, en valeur absolue.

C’est aussi le pays ayant le plus de cas recensés, loin devant l’Inde et ses 10,3 millions de cas.

Un autre record mortifère avait été atteint plus tôt dans la semaine, les États-Unis enregistrant mercredi plus de 3900 décès du virus en 24 heures, selon un relevé de l’Université Johns Hopkins, établie à Baltimore.

Actuellement, plus de 125 300 personnes sont hospitalisées pour cause de COVID-19 dans la première économie du monde, selon les données du COVID-19 Tracking Project.

Si le pays avait mis plusieurs mois avant d’atteindre la barre des 10 millions de cas détectés le 9 novembre, le rythme des nouvelles infections s’est nettement accéléré au mois de décembre.

Le pays avait déjà passé la barre des 19 millions dimanche, ce qui correspond en ordre de grandeur à la totalité de la population de l’État de New York.

Les États-Unis font face à un spectaculaire rebond de l’épidémie depuis l’automne, aggravé par les déplacements de millions d’Américains pour la grande fête familiale de Thanksgiving fin novembre et celles des fêtes de fin d’année, malgré les nombreux appels des autorités à rester chez soi.

L’agence chargée des contrôles de sécurité dans les aéroports a ainsi recensé un record de passagers depuis la mi-mars sur le week-end du 26-27 décembre.

Espoir du vaccin

Les Américains s’accrochent malgré tout à l’espoir d’une immunisation rapide de la population, après le lancement le 14 décembre de la plus grande campagne de vaccination de l’histoire des États-Unis.

Près de 3 millions de personnes avaient déjà reçu vendredi la première dose de leur vaccin contre la COVID-19, d’après les chiffres des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains.

Ce nombre est loin de l’objectif affiché de l’administration Trump, qui avait promis 20 millions de personnes vaccinées d’ici la fin de l’année. Un retard déploré par le président élu Joe Biden, qui s’est toutefois montré confiant en l’avenir lors d’une entrevue jeudi.

« Je suis plus optimiste que jamais […], nous avons les équipes les plus efficaces au monde », a déclaré le démocrate qui prendra ses fonctions le 20 janvier.

« Nous disposons maintenant de vaccins et ils vont marcher. Nous devons juste trouver une façon de les distribuer plus rapidement », a-t-il ajouté.

Pour l’instant, deux vaccins (Pfizer-BioNTech et Moderna) sont autorisés aux États-Unis, mais un troisième développé par le géant américain Johnson & Johnson devrait faire l’objet d’une autorisation de commercialisation fin janvier ou début février.

Ce nouveau vaccin est très attendu, car une seule injection est nécessaire, contrairement à ceux approuvés jusqu’ici.

La menace du variant britannique

En attendant, les villes américaines comptent leurs morts.

Le comté de Los Angeles, le plus peuplé des États-Unis et l’un des principaux foyers du virus dans le pays, a ainsi lancé jeudi une campagne éclair sur Twitter avec un tweet toutes les dix minutes rendant hommage aux victimes de la COVID-19.

Le rythme effréné des nouvelles infections et des morts a peu de chances de diminuer dans les prochains mois alors que le variant britannique du virus, considéré comme plus contagieux que la souche d’origine, a été détecté pour la première fois cette semaine dans le pays.

Le Colorado, la Californie et, désormais, la Floride ont annoncé avoir identifié des patients porteurs de cette nouvelle mutation. Mais le célèbre immunologue américain Anthony Fauci a assuré « ne pas être surpris » ni particulièrement inquiet, estimant qu’elle circulait déjà « probablement dans d’autres États ».