Un bébé de six semaines est mort du coronavirus dans le Connecticut, devenant l’une des plus jeunes personnes connues à décéder des complications de la COVID-19, a indiqué mercredi le gouverneur de cet État américain voisin de New York.

Agence France-Presse

« Les tests ont confirmé hier soir (mardi soir, NDLR) que le bébé était positif à la COVID-19. C’est déchirant. Nous pensons qu’il s’agit de l’une des personnes les plus jeunes, à travers le monde, à décéder des complications dues à la COVID-19 », a indiqué le gouverneur, Ned Lamont, sur son compte Twitter.

Le bébé, originaire de la région de Hartford, avait été transporté inconscient à l’hôpital en fin de semaine dernière et n’a pu être ranimé, a précisé M. Lamont.

Les autorités de l’Illinois avaient annoncé samedi la mort à Chicago d’un enfant de neuf mois, alors la plus jeune personne connue à décéder du virus aux États-Unis.

La maladie, qui a déjà tué plus de 4500 personnes aux États-Unis et plus de 46 000 dans le monde, selon les chiffres de l’université Johns Hopkins qui font référence, est réputée épargner relativement les enfants, et les très jeunes victimes sont rares.

Le Connecticut, bien que moins touché que l’État de New York qui compte plus de 83 000 cas, recensait mercredi plus de 3500 cas et 85 morts, selon le gouverneur.

La région de New York est la plus durement frappée aux États-Unis par la pandémie, avec plus de 100 000 cas confirmés mercredi entre les trois États voisins de New York, du New Jersey et du Connecticut.

Les États-Unis dépassent les 200 000 cas recensés

Les États-Unis ont dépassé mercredi la barre des 200 000 cas recensés de nouveau coronavirus, selon le comptage de l’Université Johns Hopkins, qui fait référence.

La pandémie a fait au moins 4361 morts dans le pays, premier dans le monde en nombre de cas déclarés d’infections (203 608).

La Floride ordonne le confinement général

Le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, a ordonné mercredi le confinement des 21 millions d’habitants de cet État américain, pour ralentir la propagation du coronavirus.

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Ron DeSantis

C’était jusqu’ici les comtés de l’État qui choisissaient d’ordonner ou non le confinement, et le gouverneur, un fervent soutien de Donald Trump, avait été critiqué pour le laxisme de sa réponse face à l’épidémie.

À minuit jeudi, « je vais prendre un décret pour limiter les mouvements et les interactions des Floridiens en dehors de leur foyer », a-t-il déclaré. Des exceptions s’appliqueront aux services essentiels, a-t-il précisé.  

La Floride, troisième État américain en termes d’habitants, est le lieu de résidence de nombreuses personnes âgées, une population particulièrement à risque face à la COVID-19.

Au début de l’épidémie aux États-Unis, des images de jeunes faisant la fête sur les plages de Miami, alors que New York ou la Californie se préparaient au confinement, avaient choqué.  

Plus de 80 % de la population américaine est maintenant sous ordre strict de confinement. Le gouvernement de Donald Trump n’a pas décrété de confinement fédéral, mais a laissé aux différents États le soin de le faire.  

Le gouverneur DeSantis a également mentionné mercredi la situation du navire de croisière Zaandam, au bord duquel quatre personnes sont mortes du coronavirus et qu’il ne souhaite pas voir débarquer à Fort Lauderdale, au nord de Miami.

« De toute évidence, je ne suis pas en contrôle du port », a-t-il rappelé, alors qu’un plan d’accostage est en train d’être organisé, en concertation avec les autorités locales.

La Floride a environ 7000 cas de coronavirus répertoriés, pour 85 décès.  

Distanciation sociale : à New York, aires de jeux fermées et police « plus ferme »

Les terrains de jeux new-yorkais vont être fermés et la police va être « plus ferme » avec les personnes ne respectant pas les règles de distanciation sociale, a indiqué mercredi le gouverneur de l’État le plus touché aux États-Unis avec désormais plus de 83 000 cas confirmés.

« Le respect des règles n’est pas encore ce qu’il devrait être », a indiqué Andrew Cuomo lors d’un point de presse. « Donc nous allons prendre des mesures plus drastiques. Nous allons fermer les terrains de jeux à New York », a-t-il ajouté, en soulignant que les espaces verts resteraient accessibles.

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Andrew Cuomo

« Utilisez les espaces ouverts des parcs, promenez-vous, prenez le soleil. Très bien. Mais pas de densité, pas de basketball », a-t-il exhorté.

Il n’a donné aucune date précise pour la fermeture des terrains de jeux, mais a souligné « travailler avec le président du conseil municipal et le maire » sur ce point.

Il a également indiqué que la police new-yorkaise devait être « plus ferme » avec ceux qui ne respectent pas les règles de distanciation.

Le maire de New York, Bill de Blasio, avait déjà indiqué la veille qu’après avoir surtout fait de la pédagogie, les policiers allaient commencer à distribuer des amendes, jusqu’à 500 dollars en cas d’infraction.

Les policiers ont été récalcitrants à verbaliser jusqu’ici, selon M. Cuomo.

Il faut dire qu’eux-mêmes sont très touchés : plus de 1000 policiers ont déjà contracté le virus, et 6100 – soit environ 17 % des 36 000 policiers new-yorkais – étaient en arrêt maladie mercredi, a indiqué leur chef Terence Monahan.

Le gouverneur n’a pas exclu que des policiers employés par l’État de New York ou d’autres collectivités locales de l’État viennent en renfort si besoin, même s’il a souligné que les effectifs de la police new-yorkaise sont « tellement importants que je ne sais pas si nous en arriverons là ».

Les quelque 20 millions d’habitants de l’État de New York sont sous ordre de confinement – sauf pour les activités jugées essentielles – jusqu’à la mi-avril.

Mais la prolongation de ces mesures au moins jusqu’à la fin du mois est prévisible, d’autant que le gouverneur a indiqué que le modèle de projection qu’il utilisait prévoyait maintenant que le pic de l’épidémie dans cet État interviendrait fin avril, début mai.

New York est de loin l’État américain le plus touché par l’épidémie, avec près de la moitié des quelque 206 000 cas confirmés aux États-Unis mercredi, et près de 2000 morts sur 4500 au total.

Washington aux Américains à l’étranger : rentrez avant le « tsunami » du virus

Les États-Unis, qui ont déjà rapatrié plus de 30 000 Américains depuis le début de la pandémie, ont lancé mercredi un avertissement à leurs ressortissants toujours à l’étranger : rentrez maintenant avant d’être submergés par le « tsunami » du coronavirus.

« Il n’existe aucune garantie que le département d’État soit en mesure de continuer à aider aux rapatriements » d’ici « quelques semaines », a prévenu Ian Brownlee, chargé de coordonner le retour des Américains, soulignant qu’il pourrait bientôt être impossible d’avoir recours à des vols commerciaux ou même d’affréter des avions privés.

« Si des citoyens américains veulent rentrer aux États-Unis, ils doivent prendre leurs dispositions maintenant », a-t-il martelé lors d’une conférence de presse téléphonique.

Le diplomate a haussé le ton, car, selon lui, de nombreuses personnes semblent temporiser sans prendre conscience de l’urgence de la situation, alors que les frontières se ferment les unes après les autres et que les compagnies aériennes suspendent leurs vols pour endiguer la propagation de la COVID-19.

« Si vous vous trouvez sur la plage quand la terre se met à trembler, vous ne restez pas là à attendre le tsunami, vous courez vous mettre à l’abri », a-t-il souligné. « Eh bien, dans ce cas, le tremblement de terre a déjà eu lieu, il est temps de se mettre à l’abri, et non pas d’espérer recevoir du secours plus tard ! »

Selon Ian Brownlee, le département d’État américain a rapatrié plus de 31 000 Américains depuis le début de l’épidémie en Chine, depuis plus de 60 pays sur plus de 350 vols.

Il y a encore plus de 80 vols prévus ou en cours de préparation pour les jours à venir, a-t-il précisé.

À ce stade, il reste quelque 24 000 personnes qui « ont indiqué qu’elles pourraient demander un rapatriement », a encore ajouté le diplomate.

Tous les détenus des prisons fédérales américaines à l’isolement

Tous les détenus des prisons fédérales américaines, près de 170 000 personnes, ont été placés à l’isolement mercredi pour au moins deux semaines, afin d’éviter une flambée du nouveau coronavirus qui a déjà causé deux morts dans une prison de Louisiane.

L’épidémie de COVID-19 s’accélère dans les 122 établissements fédéraux, où 57 détenus et 37 gardiens ont été contaminés, selon le dernier décompte du Bureau fédéral des prisons.

Pour la première fois, un homme de 49 ans, qui purgeait une peine pour trafic de drogue dans un pénitencier de Louisiane, est décédé samedi de la maladie.

Un second décès a été enregistré mercredi dans le même établissement, situé à Oakdale dans le sud des États-Unis : un homme de 43 ans ayant des problèmes de santé est mort après avoir été transféré dans un hôpital, selon le Bureau fédéral des prisons.

Jusqu’ici, seuls les détenus ayant été en contact avec des personnes contaminées étaient placés en quarantaine. La plupart des visites et des transferts avaient également été suspendus.

Mais un nouveau cap a été franchi mercredi : « Pour une période de 14 jours, les détenus de chaque établissement resteront dans leur cellule ou quartier pour ralentir la propagation du virus », a expliqué le Bureau dans un communiqué.

Ce type de mesures n’est généralement utilisé qu’en cas de mutinerie. Cette fois, « la modification de notre plan d’action est basée sur des préoccupations sanitaires, pas sur des perturbations causées par les détenus ».

Les défenseurs des droits des détenus ont vivement critiqué la mesure. « Être mis à l’isolement n’est pas une solution. Être mis à l’isolement est une torture », a ainsi dénoncé sur Twitter Scott Hechinger, avocat d’accusés à New York.

De fait, des mesures comparables ont suscité des émeutes meurtrières dans des prisons d’Italie ou de Jordanie et des évasions au Venezuela ou au Brésil.

Depuis le début de l’épidémie, de nombreuses voix s’élèvent pour demander de désengorger les prisons du pays, qui détiennent la plus importante population carcérale au monde.

Plus de 2,2 millions de personnes se trouvent derrière les barreaux aux États-Unis, en grande majorité dans les pénitenciers d’État ou les maisons d’arrêt locales.

Le ministre de la Justice Bill Barr s’est dit jeudi favorable à l’assignation à résidence des personnes les plus vulnérables détenues dans les prisons fédérales, notamment les plus âgées ou celles en fin de peine. Les autorités locales de Californie ou du New Jersey ont pour leur part remis en liberté sous caution des centaines de détenus.