(Washington) Le procureur général américain a donné jeudi des instructions en faveur de l’assignation à résidence de certains détenus vulnérables au nouveau coronavirus, au lendemain d’un appel de l’ONU à libérer les prisonniers de part le monde.

Agence France-Presse

« J’ai adressé un mémorandum au Bureau des prisons pour augmenter l’usage de l’assignation à résidence », a annoncé Bill Barr lors d’une conférence de presse organisée par vidéoconférence en raison de la pandémie qui a fait plus de 1100 morts dans le pays.

« Nous voulons être sûrs que nos institutions ne deviendront pas des boîtes de Pétri » pour le virus, a-t-il ajouté en référence à l’ustensile en verre utilisé pour les expériences de chimie.

Ses consignes s’appliquent uniquement aux près de 170 000 détenus dans des prisons fédérales, où une dizaine de cas de COVID-19 ont été détectées sur des condamnés ou leurs gardiens.

Les mesures d’assignation à résidence seront utilisées en priorité pour les prisonniers âgés de plus de 60 ans n’ayant pas commis de crimes sexuels ou violents, et atteints par des pathologies chroniques.

Ces critères pourraient s’appliquer à environ 2000 détenus.

Face aux nombreux appels à désengorger les prisons, d’autres responsables ont pris des mesures comparables, notamment en Californie et dans le New Jersey, où des centaines de détenus ont été remis en liberté sous condition.

La majorité des 2,2 millions de personnes qui se trouvent derrière les barreaux aux États-Unis, un record mondial, sont détenues dans des pénitenciers d’État ou dans des maisons d’arrêt locales.

Mercredi, la Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU Michelle Bachelet a appelé à la libération urgente de détenus à travers le monde pour éviter que la pandémie ne fasse des « ravages » dans ces lieux clos, souvent surpeuplés.

En écho, l’Éthiopie a annoncé l’amnistie et la libération prochaine de plus de 4000 prisonniers et l’Afghanistan prévoit de libérer jusqu’à 10 000 détenus dans les dix prochains jours.