(Washington) Le Pentagone table sur « plusieurs mois » de crise due au coronavirus aux États-Unis, avec un retour à la normale vers juin-juillet, et des risques de « chaos politique » dans certains pays, ont indiqué mardi ses plus hauts responsables.

Agence France-Presse

Sur la base de l’expérience des pays déjà infectés comme la Chine, la Corée du Sud ou Hong Kong, « je pense que nous devons nous préparer pour une période de plusieurs mois au moins », a déclaré le ministre américain de la Défense Mark Esper au cours d’un « débat virtuel » avec les forces américaines dans le monde.

« Il faut tabler sur 10, peut-être 12 semaines », a ajouté le chef d’état-major américain, le général Mark Milley, qui répondait lui aussi à des questions envoyées à l’avance et posées en direct par une porte-parole du Pentagone.

« On table sur 90 jours sur la base d’autres pays, ce qui pourrait s’appliquer aux États-Unis, ou pas, on verra. Si cela s’applique aux États-Unis, ce sera probablement fin mai, juin, quelque chose comme ça », a-t-il ajouté.

« Ce pourrait même être juillet », a poursuivi le général Milley. « Mais nous nous en sortirons ».

Les deux hommes ont prévenu que la pandémie pourrait déstabiliser certains pays, au point qu’ils représenteraient une menace pour les États-Unis.

« Tout ceci pourrait conduire au chaos politique dans certains pays. Nous devons rester vigilants », a noté le général Milley, soulignant que le manque de masques, de gants ou de respirateurs pourrait avoir des « conséquences sévères dans certains pays allant bien au-delà de la question médicale ».

Les États-Unis aideront de leur mieux leurs alliés, a renchéri M. Esper, mais « pour certains adversaires, tout ceci pourrait les conduire à agir […] d’une façon qui pourrait avoir un impact sur notre sécurité ».

« Nous devons en être très conscients et nous y préparer », a-t-il ajouté.