(Genève) La grâce accordée par Donald Trump à plusieurs employés de la société de sécurité privée Blackwater, lourdement condamnés pour des meurtres d’Irakiens, est « un affront à la justice », ont estimé mercredi des experts des droits de l’homme de l’ONU.

Agence France-Presse

« Grâcier les employés de Blackwater est un affront à la justice, aux victimes du massacre de la place Nisour et à leurs familles », écrit Jelena Aparac, qui préside le groupe de travail de 5 experts indépendants sur l’emploi de mercenaires.

« La Convention de Genève fait obligation aux États de  tenir les criminels de guerre responsables de leurs actes, même quand ils agissent comme employés d’une société de sécurité privée », a-t-elle souligné.

« Ces grâces violent les obligations des États-Unis au regard de la législation internationale mais plus largement minent les lois humanitaires et les droits de l’homme au niveau mondial », a-t-elle ajouté.

Pour Mme Aparac, ces grâces ouvrent la boîte de Pandore « a des abus futurs, quand des États emploient des compagnies de sécurité privées pour exécuter des fonctions régaliennes ».

Les quatre hommes grâciés par le président le 22 décembre avaient été reconnus coupables d’avoir pris part à une fusillade à Bagdad le 16 septembre 2007, un épisode sanglant qui avait provoqué un scandale international mettant notamment en lumière le recours à des sociétés privées par l’armée américaine. Il avait accru le ressentiment des Irakiens à l’égard des États-Unis, qui ont envahi le pays en 2003.

AP

De gauche à droite : Dustin Heard, Evan Liberty, Nicholas Slatten et Paul Slough. Les quatre hommes ont été grâciés par le président Donald Trump le 22 décembre.

Quatorze civils irakiens avaient été tués et 17 autres blessés. Les gardes de Blackwater avaient affirmé avoir agi en état de légitime défense.

La Maison-Blanche a justifié le geste du président en soulignant que les quatre hommes, tous anciens militaires, avaient « un long passé de service à la nation ».