(Washington) Une statue de l’ancien président américain Abraham Lincoln et d’un esclave nouvellement libéré, jugée dégradante, a été retirée mardi matin d’un square de Boston par la mairie, ont annoncé les médias locaux.

Agence France-Presse

La ville du nord-est des États-Unis avait voté en juin en faveur du retrait de la statue, où Abraham Lincoln, à l’origine de l’abolition de l’esclavage dans le pays, se tenait debout au-dessus d’un homme noir dénudé et à genoux.

Elle avait motivé cette décision, jugeant que la statue avait un rôle « dans la perpétuation de préjudices blessants » envers les Afro-Américains et qu’elle contribuait à sous-estimer leur rôle « dans la lutte pour la liberté de la nation ».

Installée depuis 1879 dans un square de la capitale du Massachusetts, la statue était une réplique d’une statue de 1876 érigée à Washington. Financée par un groupe composé majoritairement d’anciens esclaves, ces derniers n’avaient pas eu leur mot à dire sur le dessin de la statue qui avait pour but de commémorer la Proclamation d’émancipation et d’honorer Abraham Lincoln.

Le 16e président des États-Unis, surnommé « Abe l’Honnête » et « Le Grand émancipateur » avait fait abolir l’esclavage aux États-Unis par cette Proclamation d’émancipation de 1863, au moment où le pays était au cœur d’une guerre civile sanglante entre les États du Nord, et ceux esclavagistes du Sud.

Dans la foulée des manifestations contre les inégalités raciales déclenchées par la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai, plusieurs statues de personnages historiques comme Christophe Colomb, Theodore Roosevelt, ou Robert E. Lee ont été déboulonnées ou vandalisées aux États-Unis, notamment à Boston, Richmond, et Washington.