(New York) La Britannique Ghislaine Maxwell, inculpée de trafic de mineures aux États-Unis, s’est vue à nouveau refuser une remise en liberté sous caution par un tribunal de New York, ont rapporté des médias américains.

Agence France-Presse

La juge fédérale de Manhattan Alison J. Nathan a estimé lundi que Mme Maxwell, détenue depuis son arrestation le 2 juillet après plusieurs mois de cavale, continuait de présenter un risque de fuite extrême.

Personnalité de la jet-set vivant aux États-Unis depuis 1991, Ghislaine Maxwell dément avoir recruté des jeunes filles, dont certaines mineures, pour le financier Jeffrey Epstein, mort en détention en août 2019 et dont elle avait été la collaboratrice et amante.

Les avocats de la fille de l’ancien magnat britannique des médias Robert Maxwell avaient demandé sa remise en liberté sous caution dans le cadre d’un accord totalisant 28,5 millions de dollars qui prévoyait son confinement avec surveillance électronique. Ils avaient insisté sur ses liens étroits avec les États-Unis en particulier grâce à son mari, épousé en 2016.

Dans une lettre au tribunal citée par la télévision ABC News, le mari de Ghislaine Maxwell assure n’avoir « jamais été témoin avec Ghislaine de quoi que ce soit qui ressemble à une conduite inappropriée ; bien au contraire, la Ghislaine que je connais est une personne merveilleuse et aimante ».

La juge a toutefois estimé que « le tribunal conclut à nouveau qu’aucune condition pour une remise en liberté ne peut raisonnablement assurer la présence de l’accusée aux actes de procédure à venir ». Elle avait déjà ordonné en juillet le maintien en détention de Mme Maxwell jusqu’à l’ouverture du procès fixée au 12 juillet 2021.

Le choix de l’accusée de plaider non coupable prive, pour l’instant, les autorités américaines d’un témoignage potentiellement explosif, susceptible de mettre en cause, outre Jeffrey Epstein, des personnalités de premier plan.

Ghislaine Maxwell est inculpée de six chefs d’accusation, dont trafic de mineures, d’incitation à la prostitution, sur une période allant de 1994 à 1997, et d’avoir menti sous serment en 2016 dans le cadre d’une procédure civile. Si elle était reconnue coupable de l’ensemble des chefs d’accusation, cette femme de 58 ans risquerait la prison à vie.

Elle aurait recruté pour Jeffrey Epstein des adolescentes dans plusieurs villes du monde pour qu’elles aient des relations sexuelles avec le financier. Selon l’acte d’accusation, elle était présente lors de plusieurs de ces rapports et y a même régulièrement participé.

Les faits incriminés sont antérieurs à ceux qui avaient valu à Jeffrey Epstein d’être inculpé en juillet 2019 qui dataient, eux, du début des années 2000.

Les trois victimes présumées citées dans l’acte d’accusation, et dont l’identité n’a pas été révélée, étaient toutes mineures au moment des faits présumés, la plus jeune âgée de 14 ans seulement.

Deux d’entre elles auraient été agressées sexuellement par Jeffrey Epstein. Interpellé en juillet 2019, ce dernier s’est pendu dans sa cellule début août. Ghislaine Maxwell affirme ne pas avoir eu de contact avec lui depuis au moins dix ans.