(Washington) La Chambre américaine des représentants a approuvé mardi le projet de loi budgétaire pour la défense à une écrasante majorité, défiant la menace d’un veto de Donald Trump.  

Agence France-Presse

Ce texte doit désormais être voté au Sénat, où il devrait également être approuvé, avant de parvenir au président républicain sortant. Celui-ci a promis de le bloquer.

Mais le projet de loi budgétaire pour la défense a obtenu 335 voix sur les 430 sièges occupés de la Chambre. Cela dépasse de loin la « supermajorité » des deux tiers des voix de la chambre basse nécessaires pour outrepasser un veto présidentiel.  

Seuls 40 républicains sur 196 ont voté contre. Reste à savoir si tous les républicains maintiendront leur vote pour contrer un éventuel blocage de Donald Trump.

Après des mois de négociations entre parlementaires républicains et démocrates, le budget de défense 2021 représente 740,5 milliards de dollars et prévoit notamment une hausse de 3 % des salaires du personnel de défense.

En juillet, une première version distincte de ce texte avait aussi obtenu plus de deux tiers des voix au Sénat, à majorité républicaine. La date du vote au Sénat n’a pas encore été fixée.  

Donald Trump avait dans la matinée réaffirmé son opposition.

« J’espère que les républicains de la Chambre vont voter contre la loi » sur le budget de la Défense (« National Defense Authorization Act », NDAA) « à laquelle j’opposerai mon VETO », avait tweeté le président républicain, qui quittera la Maison-Blanche le 20 janvier.  

Le milliardaire républicain a plusieurs griefs contre ce budget.  

Le texte n’inclut pas l’abolition d’une loi, dite « article 230 », protégeant le statut juridique des réseaux sociaux, qu’il accuse d’être biaisés contre lui.  

Il tonne également contre le fait qu’il prévoit de renommer des bases militaires honorant des généraux du camp confédéré, qui défendait l’esclavage.  

Le texte s’oppose aussi au projet de Donald Trump de réduire la présence militaire américaine en Allemagne. Il impose au Pentagone un délai d’au moins 120 jours avant toute réduction de ses effectifs en Allemagne, ce qui signifie qu’aucun retrait américain ne pourrait intervenir avant la prise de fonctions de son successeur Joe Biden.  

Le texte de loi stipule qu’un retrait militaire d’Allemagne, « en période de menaces croissantes en Europe, constituerait une erreur stratégique grave qui affaiblirait les intérêts de sécurité nationale des États-Unis et fragiliserait l’OTAN ».

Donald Trump a fait allusion à ces sujets dans son tweet mardi, en mentionnant en plus « la 5G ».  

Le projet de loi se penche sur la question du partage du spectre électromagnétique avec le développement des fréquences 5G.