(Washington) Le chef de la minorité démocrate au Sénat américain Chuck Schumer a accusé jeudi les républicains d’empoisonner la démocratie en refusant de reconnaître la victoire de Joe Biden face à Donald Trump lors de la présidentielle du 3 novembre.

Agence France-Presse

« Les républicains du Congrès sèment délibérément le doute sur nos élections simplement parce qu’ils ont peur de Donald Trump », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse à Washington.

« Nous venons de vivre une élection présidentielle clivante et remportée de haute lutte, mais au lieu de rassembler le pays pour que nous puissions combattre notre ennemi commun, la COVID-19, les républicains du Congrès propagent des théories du complot, nient la réalité et empoisonnent les fondements de notre démocratie », a-t-il asséné.  

Malgré l’annonce samedi de la victoire de Joe Biden, Donald Trump refusait toujours jeudi de reconnaître sa défaite, dans une rupture historique avec les usages traditionnels de la politique américaine.  

Si une poignée d’élus républicains du Congrès ont rapidement reconnu la victoire du démocrate, comme le sénateur Mitt Romney, de nombreux autres sont restés silencieux ou ont soutenu publiquement les accusations lancées sans fondement par le président sortant, selon qui l’élection a été « volée ».  

L’ancien vice-président de Barack Obama a pourtant remporté plus que les 270 grands électeurs nécessaires pour décrocher la Maison-Blanche et prendra, à 78 ans, ses fonctions le 20 janvier 2021.

« Ce matin, j’ai un message très simple pour les républicains du Sénat : l’élection est terminée. (Le résultat) n’a pas été serré. Le président Trump a perdu. Joe Biden sera le prochain président des États-Unis », a martelé Chuck Schumer depuis le Capitole, siège du Congrès américain.  

Le refus de l’administration Trump de reconnaître que le démocrate est désormais le président élu présente « un risque grave pour la sécurité nationale », ont mis en garde jeudi plus de 150 ex-hauts responsables américains, dans une lettre dévoilée par Politico.  

Parmi les signataires, démocrates et républicains, figurent notamment l’ancien chef du Pentagone Chuck Hagel, un républicain, ou Michael Hayden, ex-patron de l’Agence nationale de sécurité (NSA) puis de la CIA sous des présidents démocrates et républicains.

Ils s’adressent à une responsable de l’administration Trump, Emily Murphy, qui doit, en sa qualité de directrice d’une agence gouvernementale chargée notamment du transfert du pouvoir (« General Services Administration »), officiellement reconnaître que Joe Biden est le président élu pour que son équipe de transition puisse commencer à recevoir des informations classées et s’entretenir avec les équipes en place dans les différents ministères.  

Les hauts responsables l’appellent à reconnaître la victoire du démocrate pour qu’il puisse avoir accès aux informations « nécessaires pour faire face aux questions urgentes de sécurité nationale, comme le rapport quotidien » que le président reçoit sur les menaces pesant sur les États-Unis et dans le monde, « ainsi que les décisions en cours sur l’usage possible de la force militaire ».  

Joe Biden a reconnu mardi qu’il n’avait toujours pas accès aux rapports quotidiens destinés au président. Cela « serait utile, mais ce n’est pas nécessaire » puisqu’il n’est pas encore en fonction, a-t-il nuancé.